| Porté par l'amélioration des recettes pétrolières, le gouvernement congolais a adopté un projet de loi de finances rectificative qui augmente les prévisions de recettes et de dépenses de l'État. L'exécutif affiche un excédent budgétaire prévisionnel tout en promettant de renforcer les secteurs prioritaires et de préserver les équilibres macroéconomiques. |
Réuni en Conseil des ministres le mardi 30 juin à Oyo, sous la présidence de Denis Sassou-N'Guesso, le gouvernement congolais a adopté un projet de loi de finances rectificative pour l'exercice 2026. Ce collectif budgétaire revoit à la hausse les prévisions de recettes et de dépenses de l'État afin de les adapter aux nouvelles réalités économiques.
Les dépenses budgétaires sont désormais fixées à 2 561,069 milliards de francs CFA, contre 2 320,167 milliards dans la loi de finances initiale. Les recettes progressent également, passant de 2 550,540 milliards à 2 778,016 milliards de francs CFA. Malgré cette hausse des dépenses, le gouvernement prévoit un excédent budgétaire de 216,947 milliards de francs CFA.
Selon les autorités, cette révision répond à l'amélioration des perspectives de recettes, notamment grâce au secteur pétrolier, mais aussi à la volonté de renforcer le financement des secteurs prioritaires tout en préservant les grands équilibres macroéconomiques.
Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présenté le projet au Conseil des ministres. L'exécutif explique également que cette révision est liée au remaniement gouvernemental intervenu après l'investiture du président Denis Sassou-N'Guesso en avril 2026.
La nomination d'un Premier ministre, la mise en place d'un nouveau gouvernement ainsi que la création et la réorganisation de plusieurs départements ministériels ont nécessité un ajustement des crédits ouverts dans la loi de finances initiale. Un décret d'avance avait déjà été adopté en mai 2026 afin d'assurer la continuité du fonctionnement des services publics. Le collectif budgétaire vient désormais donner un cadre légal plus complet à ces ajustements.
Le pétrole soutient les nouvelles prévisions
La révision budgétaire repose également sur l'évolution de la conjoncture internationale. Le gouvernement souligne que les tensions géopolitiques ont favorisé une hausse des cours du pétrole.
Le prix du brut congolais est ainsi réévalué à 67 dollars le baril, contre 60,3 dollars dans les prévisions initiales, tandis que la production reste estimée à 105 millions de barils. Le taux de change retenu est fixé à 550 francs CFA pour un dollar américain.
Cette amélioration des perspectives pétrolières permet au gouvernement de relever ses prévisions de recettes. Dans une économie encore largement dépendante des hydrocarbures, l'évolution du prix du pétrole demeure un facteur déterminant de l'équilibre des finances publiques.
L'exécutif table par ailleurs sur une croissance économique de 5,5 % en 2026, avec une inflation ramenée à 2,7 %, contre 3 % dans les estimations initiales.
Des dépenses en hausse pour financer les priorités
La hausse des recettes s'accompagne d'une augmentation des dépenses publiques, désormais fixées à 2 561,069 milliards de francs CFA.
Le gouvernement affirme vouloir consacrer ces ressources supplémentaires au financement des secteurs prioritaires, poursuivre les investissements publics et améliorer l'efficacité de la dépense, tout en rationalisant les charges de fonctionnement et en poursuivant les réformes de gouvernance économique.
Malgré cette progression des dépenses, les autorités maintiennent un excédent budgétaire de 216,947 milliards de francs CFA, destiné à couvrir intégralement le déficit prévisionnel de trésorerie.
Les ressources de trésorerie sont réévaluées à 1 595,360 milliards de francs CFA, contre 1 240,360 milliards dans le budget initial. Les charges de trésorerie augmentent également pour atteindre 1 812,307 milliards de francs CFA, contre 1 470,732 milliards auparavant.
Quatre axes prioritaires
Le collectif budgétaire maintient les grandes orientations définies dans la loi de finances initiale.
Le gouvernement entend poursuivre la mobilisation des recettes publiques à travers la digitalisation des procédures fiscales, la réduction des exonérations et une meilleure valorisation des ressources naturelles, notamment le pétrole, la forêt et les mines.
Il prévoit également de renforcer la maîtrise des dépenses de fonctionnement, de poursuivre les efforts de réduction de la dette publique et d'améliorer la résilience de l'économie en accélérant le développement des secteurs hors pétrole et la reconstitution du fonds de stabilisation de la Banque des États de l'Afrique centrale.
Un Parlement attendu sur les nouveaux arbitrages
Adopté en Conseil des ministres, le projet de loi de finances rectificative sera désormais soumis au Parlement. Les députés devront examiner les nouveaux arbitrages proposés par le gouvernement, notamment la hausse des dépenses, l'affectation des recettes supplémentaires et les modalités de gestion de l'excédent budgétaire annoncé.
Au-delà de cet ajustement budgétaire, les autorités congolaises cherchent à transformer l'embellie des recettes pétrolières en un levier de stabilité financière. Si la remontée des cours du brut offre de nouvelles marges de manœuvre, elle rappelle aussi la nécessité, régulièrement affichée par le gouvernement, d'accélérer la diversification de l'économie afin de réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures.
KR