La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans le développement des compétences liées à la transition énergétique. Le pays a lancé à Abidjan deux parcours universitaires pilotes inspirés du modèle allemand de formation duale, avec l’appui de l’Union européenne et de l’Allemagne.

 

Les conventions ont été signées à l’Université Félix Houphouët-Boigny en présence de représentants du ministère de l’Enseignement supérieur, d’entreprises partenaires, dont la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), ainsi que de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

 

Ce programme prévoit la mise en place d’un master spécialisé dans la conduite des ressources énergétiques et d’une licence professionnelle consacrée à la biomasse-énergie. L’objectif est de former des diplômés capables de répondre efficacement aux besoins d’un secteur en pleine mutation.

 

Selon Arsène Kobéa, directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, la formation duale constitue aujourd’hui l’un des dispositifs les plus performants pour développer des compétences directement adaptées aux exigences du marché du travail.

 

Inspiré du système allemand qui combine enseignement académique et expérience pratique en entreprise, ce dispositif, dénommé ProFERE II, vise à renforcer les liens entre l’université et le monde professionnel afin d’améliorer l’insertion des jeunes diplômés.

 

Répondre aux défis de la transition énergétique

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance du chômage des jeunes et par les besoins croissants en main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs liés aux énergies renouvelables.

 

Première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Côte d’Ivoire s’est engagée dans une politique de transition énergétique ambitieuse. Le pays entend notamment porter la part des énergies renouvelables à 45 % de son mix énergétique à l’horizon 2030 tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre.

 

Par ailleurs, grâce à son importante production agricole, notamment dans la filière cacao, la Côte d’Ivoire dispose d’un fort potentiel en biomasse issue des résidus agricoles. Ces ressources, encore sous-exploitées, pourraient jouer un rôle majeur dans la production d’énergie durable.

 

La nouvelle licence professionnelle en biomasse-énergie a précisément pour objectif de former les compétences nécessaires à la valorisation de ce potentiel et à l’émergence d’une filière créatrice d’emplois.

Une meilleure employabilité des diplômés

Pour les promoteurs du projet, la formation duale constitue une réponse concrète au décalage souvent observé entre les qualifications académiques et les attentes des entreprises. En associant les acteurs économiques à la formation des étudiants, le dispositif devrait favoriser une insertion professionnelle plus rapide et plus durable.

 

Dans une région où le secteur informel demeure le principal débouché pour de nombreux jeunes, cette approche pourrait contribuer à renforcer l’employabilité des diplômés et à soutenir le développement d’une économie plus verte et plus compétitive.

 

À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté de préparer sa jeunesse aux métiers d’avenir tout en accompagnant les transformations énergétiques et environnementales engagées à l’échelle nationale et régionale.