| Les magistrats des parquets du ressort de la Cour d'appel d'Abidjan se sont réunis à Grand-Bassam à l'occasion de la deuxième Conférence annuelle des Parquets. Cette rencontre visait à renforcer leurs compétences dans la lutte contre la traite des personnes et à améliorer la coopération judiciaire internationale. |

Organisée le 11 juillet 2026 au Golden Hôtel de Grand-Bassam, cette deuxième édition de la Conférence des Parquets a rassemblé plusieurs personnalités institutionnelles, administratives et judiciaires, ainsi que les magistrats des seize tribunaux de première instance du ressort de la Cour d'appel d'Abidjan.
Initiée par le Parquet général d'Abidjan, avec l'appui du Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP) et d'Expertise France, à travers un financement de l'Agence française de développement (AFD), cette rencontre avait pour objectif d'harmoniser les pratiques judiciaires et de renforcer l'efficacité de la coopération internationale face aux réseaux criminels.
Des échanges autour des défis de la lutte contre la traite des personnes
Placés sous le thème « Lutte contre la traite des personnes et coopération judiciaire internationale », les travaux ont porté sur l'état des lieux de la traite des personnes et du trafic illicite des migrants, le cadre juridique applicable, les techniques d'enquête et de poursuite ainsi que le rôle de la Direction des affaires civiles et pénales (DACP).
Les différentes communications ont mis en évidence la nécessité de renforcer la maîtrise des instruments juridiques internationaux, d'accélérer les procédures d'entraide judiciaire, d'améliorer la prise en charge des victimes et de développer des méthodes d'investigation adaptées à une criminalité transnationale de plus en plus organisée.
Un engagement réaffirmé contre les réseaux criminels
Le directeur des Affaires civiles et pénales, Augustin Kouamé, s'est félicité de la qualité des échanges, estimant qu'ils traduisent la volonté des magistrats d'améliorer continuellement l'efficacité de la réponse pénale face à une criminalité toujours plus complexe.
De son côté, le procureur général près la Cour d'appel d'Abidjan, Henriette Naye Sori, a qualifié la traite des personnes de l'une des plus grandes tragédies de notre époque. Elle a exprimé le souhait que les recommandations issues de cette conférence contribuent à renforcer la lutte contre ce phénomène.
La directrice du Programme Migration d'Expertise France, Virginie Roiron, a salué l'engagement du ministère de la Justice et des Droits de l'Homme en faveur de la protection des personnes vulnérables. Elle a réaffirmé l'ambition commune d'assurer une meilleure protection des victimes, de lutter contre l'impunité et de faire de la coopération judiciaire internationale un outil majeur dans la lutte contre les réseaux criminels.
Un dispositif juridique renforcé
La lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants demeure une priorité pour les autorités ivoiriennes. À cet effet, plusieurs textes et mécanismes institutionnels ont été mis en place, notamment la loi de décembre 2016 relative à la lutte contre la traite des personnes, celle de juin 2018 sur le trafic illicite des migrants, ainsi que la création de plusieurs organes spécialisés chargés de coordonner les actions de prévention, de protection des victimes et de répression.

À travers cette conférence, les autorités judiciaires ivoiriennes réaffirment leur volonté de renforcer les capacités des magistrats afin d'améliorer la réponse pénale face à la traite des personnes et de consolider la coopération internationale dans la lutte contre cette criminalité transfrontalière.