Alors que le mandat du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, doit prendre fin le 31 décembre 2026, la course à sa succession s’intensifie.
Dans un contexte marqué par des conflits armés, des tensions géopolitiques croissantes et une grave crise budgétaire, plusieurs personnalités internationales ambitionnent de prendre les rênes de l’organisation.
Parmi les principaux candidats figurent Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan et Macky Sall. Tous ont été auditionnés pendant plusieurs heures par les 193 États membres et des représentants de la société civile afin d’exposer leur vision pour l’avenir de l’ONU.
Michelle Bachelet défend les valeurs démocratiques
Ancienne présidente du Chili et ex-haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a placé la démocratie, les droits humains et le multilatéralisme au cœur de son projet.
Elle a notamment affirmé que si sa candidature devait être rejetée pour son engagement en faveur de ces valeurs, elle considérerait cela comme un honneur, réaffirmant son attachement à la défense des libertés fondamentales et des droits des femmes.
Macky Sall mise sur le développement et la paix
Seul candidat africain parmi les principaux prétendants, Macky Sall a insisté sur l’interdépendance entre paix, stabilité et développement économique.
L’ancien chef de l’État sénégalais estime que les défis sécuritaires auxquels fait face le monde ne pourront être résolus durablement sans une meilleure prise en compte des enjeux de développement, notamment dans les pays les plus vulnérables.
Rebeca Grynspan veut redresser les finances de l’ONU
De son côté, Rebeca Grynspan a mis en avant son expérience économique et financière. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica considère que la crise budgétaire actuelle de l’ONU est étroitement liée aux blocages politiques qui paralysent l’organisation.
Elle affirme disposer des compétences nécessaires pour restaurer l’équilibre financier de l’institution, forte de son expérience dans la gestion des finances publiques et des négociations internationales.
Une ONU confrontée à des défis historiques
Le futur secrétaire général héritera d’une organisation confrontée à de multiples crises : guerres persistantes, divisions entre grandes puissances, affaiblissement du multilatéralisme et difficultés financières croissantes.
La situation budgétaire est particulièrement préoccupante, notamment en raison des retards ou des impayés de certains États membres dans le versement de leurs contributions obligatoires.
Le poids décisif du Conseil de sécurité
Malgré les auditions publiques et les consultations avec les États membres, la décision finale dépendra largement des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni.
Chacun de ces pays dispose d’un droit de veto, ce qui signifie qu’un seul refus peut empêcher l’élection d’un candidat, quelle que soit l’ampleur du soutien dont il bénéficie auprès des autres États membres.
Dans un monde marqué par de profondes fractures géopolitiques, le choix du prochain secrétaire général sera donc autant une question de compétence que d’équilibre diplomatique entre les grandes puissances.