Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la compagnie espagnole coupable d’homicides involontaires, estimant que des négligences dans la formation de l’équipage avaient contribué à la catastrophe qui avait fait 116 morts en 2014.

 

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, ce lundi 28 septembre 2026, la compagnie aérienne espagnole Swiftair à une amende de 225 000 euros, la peine maximale encourue dans cette procédure, pour des homicides involontaires liés au crash du vol Air Algérie AH5017. Les juges ont notamment retenu des manquements dans la formation et l’entraînement de l’équipage.

 

Le 24 juillet 2014, le McDonnell Douglas MD-83, exploité par Swiftair et affrété par Air Algérie, s’était écrasé dans le nord du Mali alors qu’il effectuait la liaison entre Ouagadougou et Alger. Les 110 passagers et six membres d’équipage avaient tous péri dans l’accident.

 

116 victimes de plusieurs nationalités

 

La catastrophe avait fait 116 morts, dont 54 Français et 23 Burkinabè. Parmi les autres victimes figuraient notamment des ressortissants libanais, algériens et espagnols.

 

L’enquête de sécurité avait établi que l’équipage n’avait pas activé le système d’antigivrage des moteurs alors que l’avion traversait une zone susceptible de contenir des cristaux de glace pouvant obstruer certaines sondes. La poussée des moteurs avait ensuite diminué, avant que l’appareil ne décroche.

 

Cette enquête technique n’avait cependant pas vocation à établir une responsabilité pénale. Le procès, ouvert en mars 2026, devait déterminer si les manquements reprochés à Swiftair dans la préparation et la formation de l’équipage avaient contribué de manière juridiquement certaine à l’accident.

 

La formation de l’équipage au cœur des débats

 

Au cours des audiences, la question de la formation de l’équipage a occupé une place centrale. Les débats ont notamment porté sur la situation de la copilote, qui n’avait pas piloté pendant plusieurs mois avant de reprendre ses fonctions, ainsi que sur l’adéquation des entraînements effectués sur simulateur avec le modèle d’appareil utilisé.

 

La compagnie Swiftair avait plaidé pour sa relaxe, soutenant que le crash résultait d’une combinaison de facteurs techniques et extérieurs.

 

Le parquet avait, pour sa part, requis une amende de 225 000 euros, montant finalement retenu par le tribunal.

 

Une condamnation au terme de douze années de procédure

 

Avec cette décision, la justice française retient donc la responsabilité pénale de Swiftair dans cette catastrophe aérienne qui avait endeuillé plusieurs pays en 2014. La compagnie devra s’acquitter de l’amende maximale prévue dans cette procédure.

 

P V