Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) accueille favorablement le projet gouvernemental de construction de 12 000 logements sociaux pour les populations déguerpies d’Abidjan. Le parti de Charles Blé Goudé estime toutefois que cette mesure ne répond pas à la situation immédiate des milliers de sinistrés toujours sans abri.

 

Dans une déclaration lue le vendredi 3 juillet 2026 par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le Cojep a réagi aux décisions issues du dernier Conseil des ministres, au cours duquel le gouvernement a annoncé un programme de 12 000 logements sociaux destinés aux populations affectées par les opérations de déguerpissement dans le district d’Abidjan.

 

Le parti reconnaît qu’une telle initiative constitue une réponse importante aux défis liés au logement et à l’urbanisation.

 

« Le Cojep salue cette décision du gouvernement », a déclaré Me Serge Ouraga, tout en soulignant que cette annonce devra désormais être suivie d’effets concrets sur le terrain.

 

Des réponses attendues pour les familles sinistrées

Le Cojep estime toutefois que l’urgence demeure le sort des milliers de personnes déjà touchées par les destructions d’habitations.

 

Selon le parti, les logements annoncés ne seront pas disponibles à court terme, alors que de nombreuses familles restent confrontées à des conditions de vie précaires, notamment en pleine saison des pluies.

 

Le porte-parole du mouvement s’est interrogé sur le quotidien des femmes, des enfants, des personnes âgées et des élèves qui, selon lui, se retrouvent sans solution de relogement.

 

« Où passent-ils leurs nuits ? Comment affrontent-ils la saison des pluies ? Comment les élèves et étudiants prépareront-ils sereinement la rentrée scolaire ? », a-t-il déclaré.

 

Un calendrier et une assistance d’urgence réclamés

Le Cojep appelle le gouvernement à rendre public un calendrier précis de mise en œuvre du programme de logements sociaux, avec les dates de lancement des travaux, les délais d’exécution et les échéances de livraison.

 

Pour le parti, cette transparence est indispensable afin de rassurer les populations concernées et de permettre un suivi des engagements pris.

 

En parallèle, il plaide pour des mesures d’urgence en faveur des personnes sinistrées, notamment un relogement provisoire, une assistance sociale et un accompagnement destiné à leur permettre de retrouver des conditions de vie dignes.

« Lorsqu'il y a urgence, on prend des mesures conservatoires », a rappelé Me Serge Ouraga.

 

Le dossier de Koumassi Campement toujours au cœur des préoccupations

Le Cojep est également revenu sur les opérations de déguerpissement menées à Koumassi Campement, estimant que les circonstances de ces démolitions méritent des investigations approfondies.

 

Le parti dit espérer que les procédures en cours permettront d’établir les responsabilités et d’aboutir à une réparation qu’il juge « juste et équitable » pour les victimes.

 

Par cette prise de position, le Cojep entend maintenir le débat sur la gestion des déguerpissements à Abidjan. Si le programme de logements sociaux est salué comme une avancée, le parti insiste sur la nécessité d’apporter, sans attendre, des réponses concrètes aux besoins des populations déjà affectées par ces opérations.

 

SY