| Les personnels de santé sont les premiers ciblés par la campagne de vaccination lancée samedi à Bunia, épicentre de l’épidémie du virus Ebola de type Bundibugyo dans l’est de la République démocratique du Congo. |
La République démocratique du Congo a lancé samedi une campagne de vaccination contre Ebola à Bunia, dans la province de l’Ituri. Les personnels de santé et les autres travailleurs particulièrement exposés sont les premiers bénéficiaires de cette opération, alors que l’épidémie continue de sévir dans l’est du pays.
Les personnels de santé ciblés en priorité
Les zones sanitaires de Bunia et de Mongbwalu, parmi les plus touchées en Ituri, ont été retenues comme prioritaires. Le vaccin utilisé est l’Ervebo, dont l’efficacité a été établie lors de précédentes épidémies provoquées par la souche Zaïre du virus Ebola.
Son utilisation contre la souche Bundibugyo intervient toutefois dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel. Aucun vaccin spécifiquement homologué contre cette souche n’est actuellement disponible.
Les autorités sanitaires estiment que les deux virus étant apparentés, l’Ervebo pourrait apporter une certaine protection. Cette hypothèse doit néanmoins encore être confirmée.
« Je suis en contact permanent avec des personnes malades »
À Bunia, les premiers professionnels de santé ont reçu le vaccin.
« Je suis en contact permanent avec des personnes malades et donc fortement exposée », a expliqué Nikole Landu, une professionnelle de santé vaccinée dans la ville.
« Je pourrais toujours contracter la maladie, mais je suis moins susceptible d’en développer une forme grave », a-t-elle ajouté.
Plus de 7 500 cas confirmés
Selon les chiffres communiqués samedi par les autorités congolaises, l’épidémie avait atteint 7 541 cas confirmés et 3 639 décès.
La maladie se concentre principalement dans la province de l’Ituri, où la riposte sanitaire est confrontée à plusieurs difficultés. L’insécurité, les déplacements de population, une grève des personnels de santé ainsi que d’importants mouvements de population compliquent notamment les opérations de lutte contre l’épidémie.
Pour Catherine Smallwood, chargée de la surveillance de la santé publique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le lancement de la vaccination constitue « une étape importante » dans la réponse à l’épidémie.
Elle souligne également la mobilisation des autorités congolaises, des équipes nationales et provinciales ainsi que de leurs partenaires.
70 000 doses autorisées pour la RDC
La campagne de vaccination intervient après le déploiement du même vaccin à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
L’OMS avait annoncé l’autorisation de 70 000 doses pour la République démocratique du Congo. Environ 50 000 doivent être destinées aux personnels de santé et aux travailleurs en première ligne.
Les 20 000 doses restantes sont réservées à un essai clinique. Celui-ci doit notamment permettre de déterminer si l’Ervebo offre effectivement une protection contre le virus Ebola de type Bundibugyo.
Cette souche reste particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires, puisqu’elle ne dispose actuellement ni d’un vaccin homologué ni d’un traitement spécifique.
P V