| Alors que l’épidémie d’Ebola continue de se propager dans l’est de la République démocratique du Congo, des acteurs de la riposte plaident pour une implication accrue des communautés locales. Selon les données du ministère de la Santé citées dans le texte source, 5 514 cas ont été recensés, dont 2 642 décès. |
Face à la progression de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les appels se multiplient pour renforcer la collaboration entre les équipes de riposte, les communautés locales et leurs responsables.
Selon les données publiées samedi par le ministère de la Santé et rapportées dans le texte source, l’épidémie a déjà fait 2 642 morts sur 5 514 cas recensés. Dans ce contexte, plusieurs acteurs estiment que la réponse sanitaire ne peut être efficace sans l’adhésion des populations directement concernées.
« Faire des communautés nos alliées »
Pour Papy Kasereka, analyste et ancien chef d’équipe chargé de la communication sur les risques et de l’engagement communautaire lors de la 10e épidémie d’Ebola, la participation des populations constitue un élément essentiel de la riposte.
« Je pense que pour vaincre une épidémie, il faut placer les communautés au cœur de la gestion de celle-ci », affirme-t-il.
Selon lui, les communautés ne doivent pas être considérées comme de simples spectatrices de la crise sanitaire. Les équipes chargées de combattre l’épidémie doivent aller à leur rencontre, travailler avec elles et instaurer une relation de confiance.
Cette approche doit notamment permettre de lutter contre la négation de la maladie et les incompréhensions qui entourent encore Ebola dans certaines communautés.
Démystifier les centres de traitement d’Ebola
Papy Kasereka propose également d’ouvrir davantage les centres de traitement d’Ebola (CTE) aux responsables communautaires.
« Nous ne devons pas continuer à considérer les centres de traitement d’Ebola comme quelque chose de mystérieux », explique-t-il.
Des visites guidées permettraient, selon l’analyste, aux responsables locaux de comprendre le fonctionnement de ces structures et de transmettre ensuite des informations plus précises aux populations.
L’objectif est de dissiper les doutes, de renforcer la confiance envers les équipes sanitaires et de mieux faire comprendre l’ampleur de la circulation du virus.
Des résistances qui compliquent la riposte
La lutte contre Ebola est également confrontée à des résistances au sein de certaines communautés, avec notamment des attaques visant des centres de traitement et des équipes d’intervention.
Michel Tosalisana, médecin et chef de la zone sanitaire de Beni, appelle particulièrement les jeunes à ne pas prendre pour cible les personnels engagés dans la lutte contre l’épidémie.
« Ce n’est pas en s’en prenant aux équipes d’intervention contre Ebola que ces jeunes préparent leur avenir ; au contraire, ils détruisent leur avenir en agissant ainsi », souligne-t-il.
Pour le médecin, il est nécessaire de rappeler aux populations que les équipes mobilisées contre Ebola interviennent avant tout pour protéger la santé de l’ensemble de la communauté.
Au-delà de la réponse médicale, la lutte contre l’épidémie passe donc également par la confiance, le dialogue et l’implication directe des populations. Pour les acteurs de terrain, faire des communautés de véritables partenaires pourrait constituer l’une des clés pour freiner durablement la propagation du virus.
KR