Le gouvernement canadien a annoncé de nouvelles restrictions d'entrée sur son territoire afin de limiter la propagation du virus Ebola. Une décision qui intervient malgré les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), opposée aux restrictions de voyage.

 

 

Le Canada renforce son dispositif de prévention contre le virus Ebola. Les autorités canadiennes ont décidé d'interdire l'accès à leur territoire à tout ressortissant étranger ayant séjourné en République démocratique du Congo (RDC) au cours des 21 jours précédant son arrivée.

Une politique migratoire plus stricte

 

Cette nouvelle mesure s'inscrit dans le prolongement des décisions déjà prises par Ottawa, qui avait suspendu la délivrance de documents d'immigration aux résidents de la République démocratique du Congo, de l'Ouganda et du Soudan du Sud.

L'objectif affiché est de limiter le risque d'importation du virus sur le territoire canadien.

 

Une décision contraire aux recommandations de l'OMS

 

Cette politique ne fait toutefois pas l'unanimité. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de déconseiller toute restriction des voyages ou du commerce avec la RDC.

 

Selon l'agence onusienne, de telles mesures favorisent la stigmatisation des populations concernées et risquent de compliquer davantage la lutte contre les épidémies en décourageant la coopération et la transparence.

 

Une épidémie toujours préoccupante

 

La nouvelle vague d'Ebola, qui sévit depuis le mois de mai principalement en République démocratique du Congo, a déjà touché plus de 2 100 personnes, dont 828 sont décédées.

 

De son côté, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur une propagation de l'épidémie à un rythme inédit, notamment dans de nouvelles zones. L'organisation humanitaire souligne que le manque d'accès aux soins, un système de surveillance sous forte pression et la saturation des centres de traitement privent encore de nombreuses communautés d'une prise en charge adaptée.

 

Face à cette situation, les autorités sanitaires internationales continuent d'appeler au renforcement des capacités de surveillance, de dépistage et de prise en charge afin d'endiguer la propagation du virus.