Washington a annoncé mardi 15 septembre de nouvelles restrictions de visa visant certains ressortissants étrangers associés à des politiques sud-africaines que l’administration américaine considère comme discriminatoires. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Afrique du Sud.

 

Washington invoque la politique étrangère américaine

 

La mesure a été annoncée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et s’appuie sur la section 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité.

 

Cette disposition permet au secrétaire d’État de déclarer inadmissible aux États-Unis une personne dont l’entrée sur le territoire est susceptible d’avoir de graves conséquences pour la politique étrangère américaine. Selon le département d’État, certains membres de la famille des personnes concernées peuvent également être visés.

 

Washington reproche notamment à Pretoria de ne pas avoir suffisamment répondu à ses préoccupations concernant plusieurs de ses politiques.

 

Les questions foncières au cœur du différend

 

Le communiqué américain cite notamment les politiques foncières sud-africaines, certaines mesures de réparation raciale, les violences rurales ainsi que des discours que l’administration de Donald Trump considère comme hostiles aux Afrikaners et à d’autres minorités.

 

La question de la propriété foncière constitue l’un des principaux points de désaccord entre les deux gouvernements. Washington accuse Pretoria de permettre des saisies de terres sans compensation.

Cette position est contestée par les autorités sud-africaines.

 

Pretoria rejette les accusations de persécution

 

Le gouvernement sud-africain affirme depuis plusieurs mois qu’aucune politique de persécution visant les Blancs ou les Afrikaners n’est menée dans le pays.

 

En mai 2025, le ministère chargé de la réforme foncière avait notamment indiqué qu’aucune expropriation de propriété privée n’avait été réalisée depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation foncière. Il avait également précisé que les acquisitions destinées à la restitution ou à la redistribution reposaient sur des procédures prévues par la loi.

 

La loi sud-africaine sur l’expropriation, promulguée en janvier 2025, prévoit par ailleurs que les biens ne peuvent être saisis arbitrairement et que toute expropriation doit répondre à un objectif public ou à l’intérêt général.

 

Des relations bilatérales déjà sous tension

 

Cette nouvelle mesure intervient après plusieurs mois de dégradation des relations entre Washington et Pretoria.

 

Les tensions portent notamment sur la réduction de l’aide américaine, les critiques de l’administration Trump à l’égard des politiques sud-africaines de transformation raciale et le programme américain de réinstallation d’Afrikaners aux États-Unis.

 

Pretoria a, à plusieurs reprises, rejeté les accusations de persécution raciale et défendu ses politiques destinées à réduire les inégalités héritées de l’apartheid.

 

Aucun nom communiqué par Washington

 

Au 15 septembre, le communiqué de Marco Rubio ne mentionnait aucune personne visée par ces nouvelles restrictions.

 

L’ambassade d’Afrique du Sud à Washington n’avait par ailleurs pas encore répondu à la demande de commentaire de Reuters.

 

La nouvelle mesure marque ainsi une étape supplémentaire dans les tensions diplomatiques entre les deux pays, alors que leurs divergences persistent sur les questions foncières, raciales et de politique étrangère.

 

POUZE Patrick