Le Sénat américain a rejeté, mercredi, une résolution qui visait à obliger le président Donald Trump à mettre fin à toute implication militaire des États-Unis contre l’Iran sans une autorisation préalable du Congrès.

 

Le texte n’a pas obtenu la majorité nécessaire, étant repoussé par 50 voix contre 47, avec une abstention. Les responsables républicains ont estimé qu’une telle initiative risquait de fragiliser les efforts diplomatiques actuellement engagés pour parvenir à une désescalade entre Washington et Téhéran.

 

La résolution avait pour objectif de rappeler les prérogatives constitutionnelles du Congrès en matière de déclaration de guerre. Elle prévoyait que toute intervention militaire américaine contre l’Iran soit conditionnée à une déclaration officielle de guerre ou à une autorisation spécifique du pouvoir législatif.

 

Le sénateur républicain Rand Paul, habituellement favorable à ce type d’initiative, a choisi de s’abstenir. Il a expliqué que son vote était motivé par la volonté de ne pas compromettre les négociations de paix en cours.

 

Le scrutin est intervenu après une intervention du président Donald Trump devant plusieurs sénateurs républicains, au cours de laquelle il a défendu la stratégie de son administration vis-à-vis de l’Iran.

 

Autre revirement notable, le sénateur Bill Cassidy, qui avait soutenu la résolution lors de son examen en commission, a finalement voté contre. Il a indiqué avoir changé de position après un briefing détaillé du vice-président JD Vance et de l’envoyé spécial Steve Witkoff sur l’évolution de la situation.

 

Un débat toujours vif sur les pouvoirs de guerre

Ce vote intervient au lendemain de l’adoption par le Sénat d’une autre résolution portant sur les pouvoirs de guerre. Ce texte, à portée essentiellement symbolique, appelait également le président américain à cesser les hostilités contre l’Iran sans l’accord du Congrès.

 

Cette résolution, déjà adoptée par la Chambre des représentants, constituait l’une des critiques les plus marquées du Congrès à l’égard de la politique militaire de l’exécutif, après plusieurs tentatives infructueuses ces dernières années.

 

Plusieurs sénateurs républicains, dont Bill Cassidy, Susan Collins, Lisa Murkowski et Rand Paul, s’étaient joints aux démocrates pour soutenir cette initiative, tandis que le démocrate John Fetterman avait voté contre.

 

Ces débats parlementaires interviennent alors que les États-Unis et l’Iran poursuivent des discussions techniques dans le cadre d’un cessez-le-feu de 60 jours, conclu après le mémorandum d’entente signé le 17 juin entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian.

 

Les tensions entre les deux pays s’étaient fortement aggravées après les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, suivies de frappes de représailles iraniennes visant des intérêts américains au Moyen-Orient. Les combats ont finalement cessé après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié sous médiation pakistanaise le 8 avril.

 

TALLEB DE LA