Washington a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), accusée de menacer les intérêts américains. Cette décision, annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio, intervient alors que Navi Pillay, ancienne juge de la Cour, a remporté le prix Nobel de la paix 2026.
Les tensions entre les États-Unis et la Cour pénale internationale franchissent un nouveau cap. Vendredi, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé l’imposition de sanctions contre la juridiction internationale, affirmant que le président Donald Trump ne tolérerait pas que des citoyens américains soient poursuivis par cette institution.
« Le président Trump ne permettra jamais à la Cour pénale internationale de poursuivre des Américains. C’est pourquoi, aujourd’hui, les États-Unis imposent des sanctions à la Cour pénale internationale », a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.
Le chef de la diplomatie américaine a expliqué que Washington avait jusque-là différé cette décision, espérant une évolution de la position de la Cour ou des initiatives de ses États membres pour répondre aux préoccupations américaines. Selon lui, aucune « mesure significative » n’a toutefois été prise en ce sens.
Dans un ton particulièrement ferme, Marco Rubio a lancé un ultimatum à la juridiction internationale. « Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI », a-t-il affirmé, appelant les alliés des États-Unis membres de la Cour à « remettre la Cour à sa place ».
Il a également prévenu que Washington poursuivrait sa campagne contre l’institution. « S’ils ne le font pas, les États-Unis poursuivront leur campagne visant à démanteler la CPI, brique par brique, jusqu’à ce que les Américains ne soient plus menacés », a-t-il ajouté.
La CPI dénonce une attaque contre l’État de droit
La Cour pénale internationale a vivement réagi à l’annonce américaine, qualifiant les sanctions d’attaque contre l’État de droit. Elle a appelé ses États membres à prendre les mesures nécessaires pour lui permettre de poursuivre ses activités.
Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et la juridiction basée à La Haye. En novembre 2024, la CPI avait émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des crimes de guerre présumés à Gaza.
Les États-Unis, qui contestent la compétence de la Cour à l’égard de leurs ressortissants, avaient déjà pris des mesures contre des responsables de l’institution. Des juges et des procureurs ont notamment été visés par des sanctions américaines, dont la présidente de la CPI, Tomoko Akane, en août.
Le président Donald Trump avait également évoqué cette campagne lors d’une réunion de son Cabinet à Camp David, le 31 juillet. Il avait alors précisé que les démarches engagées par Marco Rubio ne visaient pas à le protéger personnellement.
« Il essaie de défendre Bibi et diverses autres personnes », avait déclaré le président américain, en référence à Benjamin Netanyahu.
Le prix Nobel de la paix attribué à Navi Pillay
L’annonce des sanctions américaines intervient quelques heures après l’attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay, juriste sud-africaine et ancienne juge de la Cour pénale internationale.
Elle a siégé à la chambre d’appel de la CPI de 2003 à 2008. Son prix récompense son travail en faveur de la justice pénale internationale.
Cette distinction intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les institutions judiciaires internationales, alors que les pressions américaines contre la CPI s’intensifient.
La Cour compte actuellement 125 États membres. Les États-Unis et Israël n’ont toutefois pas adhéré au Statut de Rome, le traité fondateur qui définit son fonctionnement et ses compétences.
L’escalade entre Washington et la CPI pose ainsi la question de la capacité de la juridiction à poursuivre ses missions face aux pressions politiques et économiques. Alors que les États-Unis menacent de poursuivre leur campagne contre l’institution, la réaction de ses États membres sera déterminante pour la suite de cette confrontation.