| Les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés se rapprochent de zones stratégiques situées près de la frontière érythréenne, selon des sources locales. Cette progression intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Addis-Abeba et Asmara, sur fond de conflit au Tigré et d’accusations mutuelles d’ingérence militaire. |
Les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée connaissent une nouvelle escalade. Mercredi, un commandant d’une milice pro-gouvernementale et un habitant ont indiqué que les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés se rapprochaient d’une ville située près de la frontière entre les deux pays.
Selon Solomon Hailemariam, porte-parole de la Force de paix du Tigré, plusieurs combattants et responsables du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), repoussés du sud de la région, se seraient regroupés le long de la frontière érythréenne. Il affirme que ces combattants sont divisés sur la conduite à tenir, certains envisageant de traverser la frontière vers l’Érythrée, tandis que d’autres s’y opposent.
Addis-Abeba accuse Asmaar de soutenir le TPLF
L’Éthiopie accuse l’Érythrée de soutenir le TPLF, qui aurait lancé une offensive majeure contre les forces gouvernementales le 23 septembre avant d’être repoussé et de perdre le contrôle de plusieurs de ses bastions.
Selon les informations rapportées, des troupes érythréennes se seraient déployées dans plusieurs secteurs du nord du Tigré avant d’être repoussées par des frappes de drones.
Une source étrangère spécialisée dans les questions de sécurité estime entre 5 000 et 8 000 le nombre de soldats érythréens qui auraient été déployés sur le territoire éthiopien pour soutenir les rebelles. Ces forces auraient ensuite été contraintes de se replier.
Solomon Hailemariam affirme que les militaires érythréens avaient d’abord encouragé les combattants du TPLF à poursuivre les combats, avant de se retirer vers la frontière après avoir essuyé des frappes. Ces déclarations n’établissent toutefois pas, à elles seules, l’ampleur exacte de l’intervention militaire érythréenne.
Des villes stratégiques reprises par les forces pro-gouvernementales
Ces derniers jours, les forces pro-gouvernementales auraient repris le contrôle de plusieurs villes stratégiques, notamment Shire et Axoum, situées dans la région du Tigré, à proximité de la frontière érythréenne.
Cette progression militaire intervient alors que les relations entre les deux pays se détériorent de nouveau. L’Érythrée a obtenu son indépendance de l’Éthiopie en 1993. Les deux États se sont ensuite affrontés lors d’une guerre frontalière entre 1998 et 2000.
Leurs relations s’étaient brièvement améliorées après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, avant de se dégrader à nouveau dans le contexte du conflit au Tigré. Selon les informations fournies, les deux pays ont rompu leurs relations ce mois-ci.
Le port d’Assab au cœur des tensions
L’Érythrée accuse de son côté l’Éthiopie, pays enclavé, d’utiliser le conflit au Tigré comme prétexte pour préparer une intervention sur son territoire et prendre le contrôle du port d’Assab, situé sur la mer Rouge.
Ces accusations réciproques, combinées aux mouvements militaires signalés près de la frontière, alimentent les craintes d’un élargissement du conflit à l’échelle régionale. L’évolution de la situation dépendra notamment des prochains développements militaires et de la capacité des deux pays à éviter une confrontation directe.
TALLEB DE LA