La reprise des affrontements dans le nord de l’Éthiopie fait craindre une nouvelle déstabilisation de la Corne de l’Afrique. Selon l’International Crisis Group (ICG), les combats entre les forces fédérales et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) pourraient s’étendre au-delà de la région du Tigré, dans un contexte marqué par une recomposition des alliances.

 

Le TPLF et les Fano désormais alliés

 

La configuration actuelle diffère de celle de la guerre de 2020-2022. Les groupes Fano, actifs dans la région Amhara, pourraient désormais combattre aux côtés du TPLF, alors qu’ils s’étaient opposés aux forces tigréennes lors du précédent conflit.

 

Les deux mouvements font partie de l’« Alliance pour la survie », une coalition regroupant plusieurs groupes hostiles au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

 

Pour Magnus Taylor, directeur adjoint de projet pour la Corne de l’Afrique à l’International Crisis Group, une coopération militaire entre le TPLF et les Fano pourrait constituer un défi majeur pour les forces fédérales éthiopiennes, notamment si elle se traduit par des opérations coordonnées.

 

Le risque d’un élargissement du conflit

 

L’ICG redoute également que les affrontements ne gagnent d’autres régions du pays. Des offensives pourraient notamment toucher l’Oromia, la région somalienne ou encore Benishangul-Gumuz.

 

Une telle extension ferait peser une pression supplémentaire sur un pays déjà marqué par plusieurs foyers de tensions et pourrait compliquer davantage les efforts visant à préserver l’accord de paix conclu au Tigré.

 

L’accord de Pretoria fragilisé

 

La reprise des hostilités met directement à l’épreuve l’accord de paix de Pretoria, signé en 2022 après deux années de guerre au Tigré.

 

Une nouvelle extension du conflit pourrait aussi dépasser les frontières éthiopiennes et entraîner l’Érythrée voisine dans la crise. Une perspective particulièrement préoccupante alors que la Corne de l’Afrique reste fragilisée par les conséquences de la guerre au Soudan.

 

L’appel à privilégier le dialogue

 

Pour l’International Crisis Group, une guerre de plus longue durée n’est toutefois pas inévitable. L’organisation appelle les acteurs internationaux et régionaux disposant d’une influence sur les différentes parties à encourager la retenue.

 

Elle préconise surtout un retour aux négociations plutôt qu’une poursuite des combats, afin d’éviter que la nouvelle escalade ne se transforme en un conflit plus large aux conséquences régionales.

 

TALLEB DE LA