| La reprise des combats entre les forces fédérales et le Front populaire de libération du Tigré ravive les craintes d’un nouveau conflit dans le nord de l’Éthiopie. À Mekelle, un hôpital a pris en charge 44 civils grièvement blessés, dont 33 enfants. |
À l’hôpital de référence d’Aydar, à Mekelle, des dizaines d’enfants sont actuellement soignés après les bombardements qui ont frappé plusieurs localités du Tigré. Selon le personnel médical, 44 civils grièvement blessés, dont 33 enfants, ont été évacués des villes de Maychew et d’Alamata entre samedi et lundi. Au moins quatre personnes sont mortes pendant leur transfert vers l’établissement.
Certains blessés ont subi des amputations, tandis que d’autres ont perdu la vue. À Alamata, une fillette de cinq ans figure notamment parmi les victimes transportées vers Mekelle après une attaque contre une zone commerçante.
Des bombardements signalés à Maychew et Alamata
Les affrontements ont repris le 23 septembre, faisant craindre une nouvelle escalade dans une région encore marquée par la guerre civile qui a opposé les forces fédérales au TPLF entre 2020 et 2022. Ce conflit avait fait environ 600 000 morts, selon des estimations largement citées.
Sur le terrain, les forces gouvernementales poursuivent leur avancée vers Mekelle, la capitale régionale du Tigré. Les autorités pro-gouvernementales affirment avoir pris le contrôle d’Alamata, tandis que des habitants font état de violents bombardements à Maychew.
Des témoins interrogés par l’AFP rapportent que des frappes ont touché des quartiers résidentiels ainsi qu’un marché. À Maychew, un habitant affirme que la ville a été bombardée à six reprises et que plusieurs civils ont été tués.
Un bilan difficile à établir
Le nombre exact de victimes reste toutefois impossible à vérifier de manière indépendante. Les combats, les restrictions d’accès et les importantes perturbations des télécommunications compliquent le travail des journalistes et des organisations humanitaires.
Cette nouvelle escalade intervient alors que l’accord de paix de Pretoria, signé en 2022 pour mettre fin à la précédente guerre, n’a jamais été pleinement appliqué.
Depuis la fin de 2025, les tensions se sont de nouveau intensifiées, avec des frappes de drones, des mouvements de troupes et plusieurs offensives. Une situation qui fait désormais craindre un retour durable des hostilités dans le nord de l’Éthiopie.
TALLEB DE LA