| Des affrontements entre groupes oromo et somali ont fait au moins neuf morts et une trentaine de blessés depuis mercredi à Moyale, dans le sud de l’Éthiopie. Les violences ont également affecté le territoire kényan, poussant au moins 2 500 personnes à fuir leur domicile. |
La situation sécuritaire reste préoccupante à Moyale, une ville située à cheval entre l’Éthiopie et le Kenya. Depuis mercredi, des affrontements entre groupes oromo et somali ont fait au moins neuf morts et une trentaine de blessés, selon les informations communiquées par un responsable hospitalier. Face à l’intensification des violences, des milliers de personnes ont franchi la frontière pour chercher refuge au Kenya.
Un responsable de l’hôpital de Moyale a indiqué vendredi que quatre patients avaient succombé à leurs blessures jeudi, tandis que cinq autres décès avaient été enregistrés le lendemain. La plupart des blessés admis dans l’établissement avaient été touchés par des armes lourdes, a-t-il précisé.
Malgré les opérations en cours, des tirs étaient encore entendus vendredi dans la partie éthiopienne de la ville, trois jours après le début des violences.
Les violences atteignent le territoire kényan
Située de part et d’autre de la frontière entre les deux pays, Moyale est devenue le théâtre de déplacements de population vers le Kenya. Selon la police kényane, les premières arrivées ont été enregistrées mercredi à plusieurs points de passage. Parmi les personnes ayant fui figurent principalement des femmes, des enfants et des jeunes.
Les tirs ont également exposé les habitants du côté kényan à des risques directs. Une balle perdue s’est logée dans le cou d’une femme avant d’être retirée à l’hôpital. Son état a ensuite été jugé stable.
Un policier a également été atteint à la tête par un projectile après que celui-ci a ricoché sur une barre métallique. Il n’a toutefois pas été blessé. Par ailleurs, une balle a brisé la vitre d’un hôtel, illustrant l’extension des risques au-delà du territoire éthiopien.
La Croix-Rouge mobilisée pour les déplacés
Face à l’afflux de personnes déplacées, la Croix-Rouge kényane prépare une assistance d’urgence destinée aux ménages affectés par les violences. L’organisation prévoit notamment la mise en place d’un hébergement temporaire et la distribution de produits de première nécessité.
Cette première opération doit bénéficier à 1 000 ménages. Les aides prévues comprennent notamment des céréales et de la farine destinée à la préparation de bouillie.
Alors que les tirs continuaient d’être signalés dans la partie éthiopienne de Moyale, les besoins humanitaires s’accroissent de part et d’autre de la frontière. La priorité reste désormais de protéger les populations civiles, de prendre en charge les blessés et de soutenir les familles contraintes de fuir les violences.
TALLEB DE LA