| Des combats ont éclaté dans la région de l’Afar entre les forces fédérales et les rebelles tigréens, faisant craindre une nouvelle escalade après la guerre civile de 2020-2022. |
Des combats signalés dans l’Afar
De nouvelles violences opposant le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) aux forces fédérales éthiopiennes ont éclaté dans le nord du pays. Selon plusieurs sources citées mercredi par l’AFP, les forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs zones et aéroports, tandis que des affrontements ont été signalés dans la région voisine de l’Afar.
Deux employés humanitaires présents dans l’Afar ont rapporté des combats mardi soir à Abala et Erebti. Une source étrangère spécialisée dans la sécurité en Éthiopie a confirmé les affrontements et indiqué que le TPLF contrôlait Abala.
Un ancien haut responsable du TPLF a également affirmé que les forces tigréennes contrôlaient plusieurs localités de l’Afar, notamment Berhale, Erebti, Abala, Megale, Dalul et Konoba. Ces informations n’ont toutefois pas pu être confirmées indépendamment par l’AFP.
Les aéroports de plusieurs villes sous contrôle tigréen
La situation touche également le secteur aérien. Les forces tigréennes ont pris le contrôle des aéroports de Mekele et Shire et auraient également pris celui d’Axoum.
Face à cette situation, Ethiopian Airlines a annoncé la suspension de ses vols vers ces trois villes.
À Mekele, un employé de l’aéroport Alula Aba Nega a raconté que le personnel avait été invité à rentrer chez lui après avoir été informé de la prise de contrôle de l’aéroport par les forces tigréennes.
Le Tigré affirme avoir riposté à des bombardements
Dans un communiqué publié sur Facebook, le gouvernement régional du Tigré affirme avoir réagi à d’intenses bombardements attribués aux forces fédérales. Il évoque notamment l’utilisation d’avions, de drones et d’artillerie.
Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées indépendamment par l’AFP.
Les autorités du Tigré ont présenté leur intervention comme une réponse à une attaque et à une invasion qu’elles qualifient de « génocidaire ». Les autorités fédérales à Addis-Abeba n’avaient pas encore commenté les affrontements au moment des informations rapportées.
L’ancien dirigeant du TPLF Getachew Reda a, pour sa part, décrit la reprise des combats comme « déchirante » et affirmé sur X qu’une offensive avait été lancée contre des positions gouvernementales dans l’Afar et l’Amhara. L’AFP n’a pas pu vérifier indépendamment les informations concernant l’Amhara.
Un conflit qui menace de reprendre
Le TPLF avait mené une guerre contre le gouvernement fédéral entre 2020 et 2022. Selon les estimations de l’Union africaine citées par l’AFP, ce conflit avait fait environ 600 000 morts.
L’accord de paix de Pretoria avait permis de mettre fin aux combats et d’instaurer un calme précaire. Mais les tensions ont de nouveau augmenté à partir de la fin de 2025, sur fond de frappes de drones menées par le gouvernement fédéral au Tigré et de déploiement de troupes à la frontière de la région.
La situation humanitaire demeure fragile. Environ un million de personnes seraient toujours déplacées et plusieurs dispositions de l’accord de paix n’auraient pas encore été mises en œuvre.
Le TPLF rejoint une nouvelle alliance armée
Cette nouvelle escalade intervient quelques jours après l’annonce par le TPLF de son adhésion à une alliance regroupant plusieurs groupes armés antigouvernementaux issus de différentes régions d’Éthiopie.
Le pays fait face à plusieurs insurrections, notamment dans les régions de l’Oromia et de l’Amhara.
Le TPLF avait dirigé l’Éthiopie de 1991 à 2018, avant d’être progressivement écarté du pouvoir avec l’arrivée d’Abiy Ahmed au poste de Premier ministre.
Depuis la fin de la dernière guerre, les autorités fédérales accusent notamment le TPLF de liens avec l’Érythrée voisine et avec différents groupes armés éthiopiens. Des organisations de défense des droits humains ont également accusé le mouvement de mener une campagne de recrutement forcé.
Alors que les tensions s’intensifient, le risque d’un nouvel embrasement dans le nord de l’Éthiopie demeure au centre des préoccupations, dans une région qui peine encore à se remettre des conséquences de la précédente guerre.
P V
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