Malgré les interceptions menées par la marine israélienne en Méditerranée, les militants engagés dans la Flottille mondiale Sumud affirment vouloir poursuivre leur mission humanitaire à destination de Gaza.

« Nous pourrions tenir encore un jour, nous pourrions tenir encore une heure, nous ne savons pas encore, mais nous allons continuer jusqu’à ce qu’ils nous arrêtent », a déclaré à Anadolu le militant irlandais Mikey Cullen, enseignant et poète originaire de Dublin, depuis l’un des navires du convoi.

Partie de Barcelone le 12 avril avant de rejoindre plusieurs embarcations en Méditerranée, la flottille humanitaire avait quitté jeudi le port turc de Marmaris avec 54 navires transportant des civils et de l’aide destinée à Gaza.

Selon les organisateurs, des navires de guerre israéliens sont intervenus lundi matin contre plusieurs embarcations du convoi, à environ 250 milles nautiques de l’enclave palestinienne.

Mikey Cullen a expliqué avoir été réveillé par des alertes signalant l’interception de plusieurs navires situés à l’avant de la flottille. Il affirme avoir aperçu un navire de guerre israélien ainsi qu’un bâtiment qu’il décrit comme un « navire-prison ».

« Mon bateau échappe actuellement à l’armée israélienne, ils nous pourchassent », a-t-il déclaré, ajoutant que plusieurs embarcations tentaient toujours de progresser vers Gaza malgré la pression exercée par les forces israéliennes.

Le militant irlandais a dénoncé une opération qu’il juge contraire au droit international, accusant Israël de violer les règles maritimes internationales ainsi que la souveraineté de plusieurs pays européens.

Fin avril déjà, plus de 20 navires de la Flottille mondiale Sumud avaient été interceptés au large de la Crète par les forces israéliennes, entraînant la détention d’environ 180 militants.

De son côté, le militant espagnol Javi Aparente a affirmé que l’intervention israélienne visait une mission exclusivement civile et humanitaire.

« Les forces d’occupation israéliennes ont commencé à aborder illégalement la mission humanitaire de la Flottille mondiale en route vers Gaza, qui ne transportait que des civils et de l’aide humanitaire », a-t-il déclaré à Anadolu.

Selon lui, entre 10 et 12 bateaux avaient déjà été interceptés au moment de son intervention, tandis que d’autres embarcations étaient poursuivies par des unités rapides israéliennes.

À bord du navire Kasr-i Sadabat, la militante américaine Meagan Marie Dominguez a également insisté sur le caractère humanitaire de l’opération.

« Nous sommes des civils, des travailleurs humanitaires et des professionnels de santé qui essayons simplement d’apporter de la nourriture, des médicaments, du lait maternisé et des couches à des populations soumises à un blocus depuis 17 ans », a-t-elle affirmé.

Estimant que l’interception constitue une violation du droit international humanitaire, elle a appelé la communauté internationale à réagir face à la situation dans la bande de Gaza.

Malgré les arrestations et les interceptions signalées en mer, les organisateurs de la flottille assurent que leur mobilisation se poursuivra. « Ce ne sera pas la fin », ont-ils martelé.