À l’occasion du Forum Panafricain des Médias, organisé le 5 juin 2026 à Bamako, Brahim Mokhliss, journaliste et membre du Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM), a mis en avant l’expérience marocaine en matière d’organisation du secteur médiatique. Son intervention a souligné l’importance du dialogue social comme levier de renforcement de la liberté de la presse et du droit à l’information.

 

Selon lui, la protection des professionnels des médias passe avant tout par une structuration solide du secteur. Face aux défis que rencontrent les journalistes, notamment la précarité de l’emploi, la baisse du pouvoir d’achat ou encore les mutations liées au numérique, une réponse collective apparaît indispensable.

 

Brahim Mokhliss a expliqué que l’expérience marocaine a permis de transformer des préoccupations individuelles en revendications collectives capables d’alimenter les réformes du secteur. Pour lui, seule une organisation professionnelle forte peut favoriser des négociations durables et conduire à des avancées significatives pour les acteurs des médias.

 

Un dialogue entre syndicats, employeurs et institutions

Le représentant du SNPM a également mis en lumière le rôle joué par les différentes composantes du paysage médiatique marocain. Il a notamment souligné l’implication du syndicat dans plusieurs chantiers liés à la profession, tels que la réforme des statuts, la gestion de la carte de presse ou encore les réflexions sur l’impact de l’intelligence artificielle dans le secteur.

 

Il a par ailleurs insisté sur l’importance des organisations patronales, notamment la Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux (FMEJ) et l’Association Nationale des Médias et des Éditeurs (ANME), qui participent aux discussions visant à améliorer les conditions de travail tout en tenant compte des réalités économiques des entreprises de presse.

 

Selon lui, les accords conclus dans le domaine salarial et les différentes conventions collectives illustrent une volonté commune de concilier les impératifs économiques des médias avec les droits et la dignité des professionnels de l’information.

Le rôle central des institutions

L’intervention de Brahim Mokhliss a également mis en avant le cadre institutionnel qui encadre le secteur des médias au Maroc. Il a cité notamment la loi sur la presse et l’édition ainsi que le rôle du Conseil National de la Presse (CNP), qui contribue à la régulation du secteur tout en préservant l’autonomie des acteurs.

 

La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) participe également à cet équilibre en veillant au respect du pluralisme médiatique.

 

L’un des mécanismes jugés les plus significatifs repose sur le lien établi entre l’octroi des aides publiques et le respect des conventions collectives. Cette approche vise à encourager les entreprises de presse à appliquer les normes sociales en vigueur et à renforcer la stabilité du secteur.

 

À Bamako, Brahim Mokhliss a défendu l’idée que la liberté d’expression ne peut pleinement s’exercer sans garanties sociales et économiques pour les professionnels des médias. Il a également souligné l’importance des consultations menées avec les différents acteurs avant l’adoption des réformes, afin de favoriser l’adhésion du secteur aux nouvelles dispositions.

 

Pour lui, l’expérience marocaine démontre que le développement d’un paysage médiatique dynamique repose sur la capacité des acteurs à privilégier le dialogue et la concertation plutôt que l’affrontement.

 

Dans un contexte marqué par les profondes transformations du secteur des médias et l’essor des nouvelles technologies, l’exemple présenté par le Maroc au Forum Panafricain des Médias met en lumière l’importance d’un dialogue permanent entre journalistes, employeurs et institutions pour préserver la qualité de l’information et renforcer la profession sur le continent africain.

 

POUZE PATRICK