| L’avocat Arié Alimi dénonce une « provocation à la discrimination religieuse » après des prises de position en faveur de l’interdiction du voile dans l’espace public. Plusieurs organisations antiracistes envisagent désormais de saisir la justice. |
Le débat sur l’interdiction du port du voile dans l’espace public prend une tournure judiciaire en France. L’avocat Arié Alimi, membre de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a annoncé lundi soir que plusieurs organisations antiracistes allaient déposer plainte contre des responsables politiques ayant publiquement défendu une telle mesure.
Invité sur BFMTV face au député et porte-parole du Rassemblement national (RN) Julien Odoul, Arié Alimi a dénoncé une proposition qu’il considère comme une « provocation à la discrimination religieuse » visant les femmes musulmanes.
Arié Alimi annonce des actions en justice
Pour étayer sa position, l’avocat a invoqué plusieurs textes protégeant la liberté religieuse et sanctionnant les provocations à la discrimination. Il a notamment cité la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la Convention européenne des droits de l’homme, la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ainsi que l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
« Le fait de proposer aujourd’hui [...] que soit interdit le port du voile est une provocation à la discrimination religieuse s’agissant des femmes qui portent le voile », a-t-il affirmé.
Arié Alimi a ensuite annoncé que « la plupart des organisations antiracistes » allaient porter plainte contre ceux ayant défendu cette proposition dans le débat public.
Cette annonce intervient après que le député RN Jean-Philippe Tanguy a déclaré sur BFMTV que son parti entendait « sanctionner le port du voile » islamique par une amende en cas d’arrivée au pouvoir.
Vif échange entre Arié Alimi et Julien Odoul
La confrontation entre Arié Alimi et Julien Odoul s’est ensuite tendue. Alors que le député RN lui demandait de « se calmer » et d’« expulser la haine », l’avocat a rappelé l’épisode d’octobre 2019 au cours duquel Julien Odoul, alors élu régional, avait demandé à une accompagnatrice scolaire de retirer son voile dans l’hémicycle du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.
« La haine, c’est de viser des femmes », a notamment répliqué Arié Alimi.
Après une nouvelle passe d’armes entre les deux hommes, Julien Odoul a annoncé son intention de poursuivre l’avocat pour diffamation.
Le débat autour du port du voile se déplace ainsi désormais sur le terrain judiciaire, alors que les prises de position sur cette question continuent de provoquer de fortes tensions dans le débat politique français.
TALLEB DE LA