L’Assemblée nationale française a adopté jeudi, à l’unanimité, une proposition de loi visant à abroger officiellement le « Code noir », texte historique qui encadrait l’esclavage dans les anciennes colonies françaises.

Le scrutin s’est soldé par 254 voix favorables, sans aucune opposition ni abstention, illustrant un rare consensus politique autour de cette question liée à la mémoire de l’esclavage et du passé colonial français.

Cette décision, essentiellement symbolique, est présentée par plusieurs députés comme une « réparation historique » et une étape importante dans le travail de reconnaissance mémorielle engagé en France autour de l’esclavage et de la traite négrière.

Un vote marqué par une forte portée mémorielle

Cette adoption intervient dans le contexte du 25e anniversaire de la loi du 21 mai 2001 reconnaissant l’esclavage et la traite négrière comme crimes contre l’humanité.

À cette occasion, une cérémonie avait été organisée à l’Élysée en présence de plusieurs personnalités politiques et associatives, parmi lesquelles Christiane Taubira ainsi que le directeur général de UNESCO.

Lors de cette cérémonie, le président français Emmanuel Macron avait salué les avancées réalisées depuis un quart de siècle dans la reconnaissance du passé esclavagiste de la France. Il avait notamment évoqué le développement des recherches historiques, le renforcement de l’enseignement sur l’esclavage ainsi que l’instauration du 10 mai comme journée nationale de commémoration.

Le chef de l’État avait également estimé que le Code noir « n’aurait jamais dû survivre à l’abolition de l’esclavage », tout en soutenant l’initiative parlementaire visant à son abrogation formelle.

Un texte emblématique de l’histoire coloniale française

Promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, le Code noir définissait les règles encadrant l’esclavage dans les colonies françaises.

Ce texte fixait notamment le statut juridique des personnes réduites en esclavage, considérées comme des « biens meubles », tout en organisant les droits des maîtres ainsi que les sanctions applicables aux esclaves.

Le Code noir a durablement structuré le système esclavagiste colonial français jusqu’à l’abolition définitive de l’esclavage en 1848.

Au-delà de sa portée juridique limitée aujourd’hui, cette abrogation symbolique s’inscrit dans une volonté plus large des autorités françaises de poursuivre le travail mémoriel autour de la colonisation, de l’esclavage et des restitutions culturelles liées à cette période de l’histoire.

 

Lassisy Nath