À Paris, la vague de chaleur qui frappe la France révèle une nouvelle fois la précarité des migrants installés sous le métro aérien entre Jaurès et Stalingrad. Exposés à des températures avoisinant les 38 °C, près d'un millier d'exilés tentent chaque jour de survivre dans des conditions de plus en plus éprouvantes.

 

Depuis le 21 juin, la France connaît un épisode de chaleur exceptionnel. Sous le métro aérien de Stalingrad, les migrants vivent au rythme d'une seule préoccupation : trouver un peu d'ombre pour échapper aux températures étouffantes. Certains retirent leurs vêtements pour se rafraîchir, tandis que d'autres restent couverts afin de se protéger des rayons du soleil.

 

Sur place, les associations humanitaires poursuivent leurs distributions d'eau, de nourriture et de produits de première nécessité. Malgré ces efforts, les besoins demeurent considérables. Selon Eve Derriennic, coordinatrice de Médecins du Monde à Paris, les équipes médicales prennent régulièrement en charge des personnes souffrant de déshydratation, de coups de chaleur ou d'infections aggravées par les fortes températures et le manque d'hygiène. Elle précise qu'un migrant a récemment été évacué en urgence après plusieurs jours sans boire ni manger.

 

Autour des tentes de fortune, les déchets s'accumulent et les exilés cohabitent avec les pigeons et les rats. Faute de place, certains restent exposés en plein soleil, tandis que d'autres tentent de trouver un peu de fraîcheur sous leurs abris improvisés.

 

Originaire du Soudan, Abu Talab, 24 ans, explique trouver un moment de répit lors de ses cours de français, qui lui permettent de rester dans un local climatisé jusqu'en soirée. Pour Zachariah, 25 ans, blessé, la situation est encore plus difficile. Il affirme que le bitume est devenu si brûlant qu'il est impossible d'y marcher pieds nus.

 

Entre les longues attentes, les discussions et les allers-retours vers l'unique point d'eau du campement, les journées paraissent interminables. Installé à Paris depuis près de deux ans, Damar estime que cette vague de chaleur est plus intense que celle de l'année précédente. Selon lui, la chaleur nocturne, combinée au bruit incessant de la circulation, empêche tout véritable repos.

 

Malgré le rejet de sa demande d'asile, il continue d'espérer une amélioration de sa situation. Amar, arrivé en France il y a seulement deux semaines, estime quant à lui que la canicule reste une épreuve secondaire au regard des difficultés traversées tout au long de son parcours migratoire.

 

Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient en Europe, la situation des migrants de Stalingrad illustre la vulnérabilité des personnes vivant sans hébergement adapté, pour qui chaque nouvelle vague de chaleur devient un défi supplémentaire à la survie.

 

TALLEB DE LA