La ville de Calais a une nouvelle fois été le théâtre d’un violent épisode impliquant des migrants. Dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin, trois exilés ont été agressés à l’arme blanche à proximité du camp du Virval. Les victimes, grièvement blessées pour certaines, ont été prises en charge par les secours tandis qu’une enquête judiciaire a été ouverte.
Selon les premiers éléments, des bénévoles de l’association Utopia 56, présents sur les lieux pour accompagner des mineurs sans solution d’hébergement, ont aperçu peu avant minuit trois hommes ensanglantés près du parking de l’hôpital de la zone. Alertés par la gravité de la situation, ils ont immédiatement contacté les forces de l’ordre et les services de secours.
Transportées à l’hôpital, les trois victimes souffraient de blessures au visage, au thorax, au dos ainsi qu’aux côtes. Deux d’entre elles ont été admises en urgence. La procureure de la République de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier, a précisé que l’agression s’était produite rue de Judée. À ce stade, aucun suspect n’a été interpellé, mais une enquête pour tentative de meurtre est en cours.
Des bénévoles ont également indiqué avoir rencontré l’une des victimes la veille des faits. Celle-ci avait évoqué son sentiment d’insécurité dans les campements de migrants de Dunkerque et l’impossibilité de trouver une place d’hébergement. Si certaines personnes vulnérables avaient pu être prises en charge, plusieurs hommes avaient été contraints de passer la nuit dans le camp.
Un contexte de tensions persistantes
Cette nouvelle attaque intervient dans un climat déjà tendu sur le littoral nord de la France. Les associations humanitaires dénoncent depuis plusieurs mois une dégradation des conditions de vie dans les campements, aggravée par l’intensification des opérations de démantèlement et par des conditions météorologiques favorables aux tentatives de traversée vers le Royaume-Uni.
Selon plusieurs témoignages, une nouvelle opération policière menée au camp du Virval le mardi 2 juin aurait conduit à l’interpellation de trois personnes dès les premières heures de la matinée.
Les violences dans les campements de migrants demeurent récurrentes dans la région. Fin avril, un ressortissant érythréen avait perdu la vie lors d’une altercation à l’arme blanche à Calais.
Quelques mois plus tôt, un jeune Soudanais avait été retrouvé mort après des affrontements entre exilés. Près de Dunkerque, plusieurs fusillades survenues l’année dernière avaient également causé la mort de trois personnes.
Les autorités françaises restent confrontées à une situation sécuritaire et humanitaire complexe sur le littoral de la Manche. Malgré les opérations de démantèlement des campements, les associations estiment que l’absence de solutions d’hébergement suffisantes continue d’alimenter les tensions et d’exposer les migrants à des risques croissants de violences.
Kristin Peck