Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, accorde jusqu’au 7 octobre 2026 à quelque 600 personnes physiques et morales pour régulariser des débets et amendes cumulés pendant près de vingt ans. Passé ce délai, les dossiers présentant un caractère pénal pourraient être transmis à la justice.


 

Le Gabon lance une vaste opération de recouvrement des créances dues à l’État. Environ 600 personnes physiques et morales disposent d’un délai de 30 jours pour restituer les sommes qui leur sont réclamées au titre de débets et d’amendes prononcés au cours des deux dernières décennies.

 

Fixé le 7 septembre 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, cet ultimatum arrivera à échéance le 7 octobre prochain. Les personnes concernées compteraient notamment des ministres, des comptables publics, des maires, des présidents de départements et des dirigeants d’entreprises.

 

Près de 1 700 milliards de FCFA à recouvrer

 

Selon les données attribuées à la Cour des comptes, le montant global des créances s’élève à près de 1 700 milliards de FCFA. Cette somme représente l’ensemble des débets et amendes prononcés depuis près de vingt ans. Elle ne correspond donc ni à un détournement unique ni à des fonds déjà récupérés par le Trésor public.

 

Un débet est une somme qu’un gestionnaire ou un comptable public est tenu de rembourser lorsqu’une juridiction financière constate un manque dans les comptes placés sous sa responsabilité.

Des poursuites possibles après l’échéance

Les débiteurs disposent désormais de quelques semaines pour régulariser leur situation. Après le 7 octobre, les dossiers susceptibles de relever d’infractions pénales pourraient être transmis à la Cour criminelle spécialisée pour d’éventuelles poursuites.

 

Cette mesure marque la volonté des autorités gabonaises de renforcer la discipline budgétaire et de mettre fin à l’accumulation de créances publiques restées sans règlement pendant plusieurs années. 

 

La Cour des comptes indique par ailleurs avoir engagé 368 missions, exécutées à 89,40 %. Ces contrôles portent notamment sur la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et le Fonds des Gabonais économiquement faibles

 

Au-delà de l’annonce, l’efficacité de l’opération dépendra des sommes réellement recouvrées et reversées au Trésor public. Elle sera également évaluée à travers les suites judiciaires données aux dossiers des débiteurs qui refuseraient de s’acquitter des montants réclamés.

 

Le Gouverneur