| Au Ghana, l'entreprise R&B Farms a lancé un projet visant à convertir d'anciennes carrières d'argile et de pierre en bassins piscicoles. L'initiative entend restaurer des terres dégradées tout en renforçant la production nationale de poisson. |
Le Ghana mise sur l'innovation pour répondre à ses défis environnementaux et alimentaires. Dans la région de l'Ouest, l'entreprise R&B Farms a lancé un projet de reconversion d'anciennes carrières abandonnées en fermes aquacoles, avec l'appui du ministère des Pêches et de l'Aquaculture.
Réhabiliter les sites dégradés et produire davantage de poisson
L'initiative consiste à transformer des excavations d'argile et de pierre, devenues dangereuses pour les populations, en bassins destinés à l'élevage de poissons.
Au-delà de la restauration de ces espaces, le projet vise à promouvoir une aquaculture durable, à renforcer la sécurité alimentaire, à créer des emplois et à soutenir le développement des communautés locales.
Selon R&B Farms, cette approche permet de répondre simultanément à deux enjeux majeurs : la dégradation de l'environnement et le déficit de production halieutique auquel le pays est confronté.
Vers une extension du projet
Après une première phase pilote menée à Komfueku, l'entreprise prévoit d'étendre l'initiative à d'autres localités, notamment Anto, Supomu-Dunkwa et Daboase Junction, où plusieurs anciennes carrières pourraient être converties en sites de production aquacole.
L'objectif est de faire de ce programme un modèle national de valorisation des terres dégradées.
Le gouvernement salue une initiative innovante
Lors du lancement du projet, la ministre des Pêches et de l'Aquaculture, Emelia Arthur, a salué l'engagement du secteur privé dans le développement de solutions innovantes pour soutenir l'aquaculture.
Elle a rappelé que le secteur halieutique ghanéen subit les effets de la surexploitation des ressources marines et du changement climatique, appelant les acteurs à développer des pratiques de production plus durables.
Un déficit de 700 000 tonnes de poisson
Le projet intervient dans un contexte de forte demande en produits halieutiques. Selon les autorités, le Ghana consomme environ 1,2 million de tonnes de poisson par an, alors que la production nationale n'atteint qu'environ 550 000 tonnes.
Avec un déficit annuel estimé à 700 000 tonnes, le pays dépend largement des importations pour satisfaire les besoins de sa population. Les autorités espèrent que ce type d'initiative contribuera à réduire cette dépendance tout en favorisant une croissance durable du secteur aquacole.