Accra fait du retour des biens culturels africains une première étape de sa campagne pour obtenir des réparations liées à la traite transatlantique. Plusieurs pays européens ont exprimé leur disponibilité à restituer des œuvres, sans toutefois annoncer d’engagement commun chiffré ni de calendrier précis.

 

Une première étape centrée sur les biens culturels

 

Le Ghana entend placer la restitution des biens culturels pillés au premier rang de sa campagne pour les réparations liées à la traite transatlantique. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, l’a annoncé mercredi 23 septembre à New York, lors d’une réunion organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

 

Selon le ministre, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas se sont déclarés disposés à restituer des biens culturels. Le Royaume-Uni et le Portugal ont également proposé leur soutien, tandis que les États-Unis se sont dits prêts à travailler avec l’initiative portée par Accra.

 

Ces différentes positions restent toutefois à concrétiser. À ce stade, aucun engagement commun chiffré ni calendrier de restitution n’a été annoncé.

 

Une campagne en plusieurs étapes

 

Pour Accra, le retour des œuvres constitue la première étape d’un processus plus large. Le plan adopté en juin par l’Union africaine et la Commission des réparations de la Communauté des Caraïbes prévoit plusieurs autres demandes.

 

Parmi celles-ci figurent notamment des excuses officielles, un allègement de la dette ainsi que des compensations financières.

 

Le Ghana entend ainsi inscrire la question de la restitution du patrimoine culturel dans une démarche plus globale de reconnaissance et de réparation des conséquences de la traite transatlantique et de l’esclavage.

 

Une résolution adoptée six mois plus tôt

 

Cette nouvelle mobilisation intervient environ six mois après l’adoption d’une résolution portée par le Ghana, qui qualifie la traite transatlantique et l’esclavage racial des Africains de crime le plus grave contre l’humanité.

 

Le texte avait obtenu 123 voix favorables, contre trois voix défavorables et 52 abstentions. Parmi les abstentionnistes figuraient les membres de l’Union européenne ainsi que le Royaume-Uni.

 

Avec la restitution des biens culturels comme première priorité, Accra cherche désormais à transformer cette dynamique diplomatique en mesures concrètes, tout en maintenant les autres revendications prévues dans le plan de réparations.

 

TALLEB DE LA