Alors que la commission électorale estime que les conditions ne sont pas réunies pour organiser les élections présidentielle et législatives prévues en décembre, Dakar exhorte les autorités de transition à assouplir les restrictions politiques et civiles et à privilégier le dialogue pour garantir un scrutin crédible.


 

Le Sénégal a appelé, jeudi soir, les autorités de transition de Guinée-Bissau à lever les restrictions pesant sur les activités politiques et civiques, dans un contexte d’incertitude autour de la tenue des élections présidentielle et législatives prévues en décembre 2026. Cette réaction intervient après que la Commission électorale nationale (CNE) a estimé que les conditions nécessaires à l’organisation du scrutin n’étaient pas réunies.

 

Aucun report officiel n’a toutefois été annoncé à ce stade. Dans un communiqué, Dakar a exhorté les autorités bissau-guinéennes à « lever les restrictions pesant sur les activités politiques et civiques afin de faciliter une préparation plus sereine des élections et d’instaurer le climat de confiance indispensable à leur crédibilité ».

 

Chargé de la médiation au nom de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en Guinée-Bissau, le Sénégal affirme suivre avec « une grande attention » les récents développements susceptibles de compromettre le calendrier électoral.

 

La commission électorale alerte sur les conditions du scrutin

 

L’incertitude s’est renforcée jeudi après la déclaration de la Commission électorale nationale, qui a jugé les conditions insuffisantes pour organiser les élections à la date prévue.

 

« Nous leur avons dit que, techniquement, les conditions ne seraient pas réunies pour organiser des élections à cette date », a déclaré la vice-présidente de la CNE, Felisberta Moura Vaz, à la presse, après une rencontre avec le chef de la junte, le général Horta N’Tam.

 

Ces élections doivent permettre d’engager le retour à un régime civil dans ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest, situé entre le Sénégal et la Guinée. Toutefois, les difficultés juridiques, techniques et institutionnelles invoquées par les autorités de transition font planer des incertitudes sur le respect du calendrier électoral.

 

 

Le gouvernement sénégalais a indiqué avoir « pris note » de ces préoccupations, tout en insistant sur la nécessité de préserver la crédibilité du processus.

 

« Toute modification du calendrier électoral doit reposer sur un processus consensuel, inclusif et transparent, assorti de garanties claires quant à l’achèvement de la transition dans les meilleurs délais », souligne le communiqué.

 

Une transition politique sous tension

La Guinée-Bissau est dirigée par l’armée depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle des militaires ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embaló et suspendu le processus électoral.

 

Le coup d’État est intervenu la veille de la publication prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives organisées le 23 novembre 2025. Depuis, le pays connaît des tensions politiques et sécuritaires, alors que les autorités de transition doivent préparer le retour à l’ordre constitutionnel.

 

Dans ce contexte, Dakar appelle l’ensemble des acteurs concernés à privilégier un « dialogue constructif » afin de parvenir à un accord sur les conditions et les modalités de la reprise du processus électoral.

 

Le Sénégal a également exhorté toutes les parties, y compris les responsables militaires, à faire preuve de retenue et de responsabilité. Il les invite à placer les intérêts nationaux au-dessus des considérations particulières afin de préserver la paix civile et d’éviter une nouvelle escalade des tensions.

 

À l’approche de l’échéance électorale de décembre, l’enjeu reste donc de réunir les conditions nécessaires à un scrutin crédible et de garantir une transition politique effective. Pour Dakar, toute évolution du calendrier devra s’inscrire dans une démarche consensuelle, transparente et assortie d’engagements clairs en faveur du retour à l’ordre constitutionnel.