| Des centaines de personnes se sont réunies dimanche à Kenscoff, près de Port-au-Prince, pour rendre un dernier hommage aux victimes d’une attaque de gangs ayant fait au moins 47 morts et plus de 50 personnes enlevées. |
Des centaines d’Haïtiens se sont rassemblés dimanche à Kenscoff, commune située près de Port-au-Prince, pour assister aux funérailles des victimes d’une violente attaque de gangs. Le drame, survenu dans la nuit du 23 août, a fait au moins 47 morts et plus de 50 personnes enlevées.
Dans une église de cette commune agricole, l’émotion était vive à l’arrivée des cercueils. Des proches des victimes ont éclaté en sanglots tandis que les fidèles entonnaient des chants gospel. Face à l’affluence, des dizaines de personnes ont dû suivre la cérémonie depuis l’extérieur de l’édifice.
Au moins 47 morts et plus de 50 personnes enlevées
Dans la nuit du 23 août, des hommes armés ont pris pour cible Kenscoff, tuant au moins 47 personnes et en kidnappant plus de 50 autres.
Cette attaque constitue l’un des plus importants enlèvements de masse enregistrés en Haïti ces dernières années, alors que le pays reste confronté à la violence persistante des groupes armés.
Parmi les personnes inhumées dimanche figuraient une mère, un père et leur fils, ainsi qu’un homme de 70 ans dont le corps avait été incendié par les membres du gang.
Les forces de sécurité mises en cause
Après l’attaque, des survivants ont manifesté pour dénoncer les défaillances des forces de sécurité. Certains accusent notamment la police de ne pas être intervenue suffisamment tôt pour empêcher le massacre.
La Police nationale haïtienne a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances de l’attaque et d’établir si celle-ci a été facilitée par une « complicité ou une négligence ».
La peur d’une nouvelle attaque
La tension reste forte à Kenscoff. Pendant la cérémonie funéraire, des civils munis d’armes automatiques montaient la garde à l’extérieur de l’église, aux côtés de policiers déployés dans les environs.
Ces mesures témoignent de la crainte persistante d’une nouvelle attaque dans la commune.
Ce massacre vient ainsi renforcer les inquiétudes autour de la situation sécuritaire en Haïti, où la violence des gangs continue de faire de nombreuses victimes et de peser lourdement sur les populations.
POUZE Patrick