| Face à la multiplication des opérations menées par des groupes de citoyens contre des migrants présumés en situation irrégulière, le gouvernement sud-africain rappelle que le contrôle de l'immigration relève exclusivement de l'État et promet des poursuites contre les auteurs de ces actes. |
Le gouvernement sud-africain hausse le ton contre les initiatives citoyennes visant à lutter contre l'immigration irrégulière. Dimanche, la ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, a dénoncé les contrôles d'identité, les perquisitions de domiciles et les descentes dans des commerces effectués par des groupes communautaires, les qualifiant d'actes illégaux qui ne seront pas tolérés.
L'État rappelle son autorité
Présidente du Comité interministériel sur les migrations, Mmamoloko Kubayi a souligné que si les citoyens sont libres d'exprimer leurs préoccupations au sujet de l'immigration clandestine, ils ne peuvent en aucun cas se substituer aux forces de l'ordre.
Le gouvernement s'est notamment dit préoccupé par plusieurs incidents au cours desquels des groupes de citoyens auraient pénétré dans des propriétés privées afin d'exiger des documents d'identité à des ressortissants étrangers présumés en situation irrégulière. La ministre a qualifié ces pratiques de criminelles et a appelé leurs auteurs à y mettre immédiatement un terme.
« Ces actes sont illégaux, et les membres des communautés qui s'y livrent doivent cesser immédiatement », a-t-elle insisté, rappelant que le contrôle de l'immigration, les expulsions et les rapatriements relèvent exclusivement des autorités de l'État.
Plus de 200 enquêtes déjà ouvertes
Mmamoloko Kubayi a également averti que les forces de l'ordre engageraient des poursuites contre toute personne impliquée dans des perquisitions illégales, des actes d'intimidation ou des violences visant des migrants.
Selon les autorités, 205 enquêtes ont déjà été ouvertes en lien avec ces incidents, tandis que 350 suspects ont été interpellés le 8 juillet. À ce jour, 69 dossiers sont toujours en cours d'instruction et 112 affaires ont été renvoyées devant les tribunaux. Les poursuites concernent notamment des faits d'intimidation, d'incitation à la haine et d'autres infractions pénales.
Un climat de tensions persistantes
Cette mise en garde intervient dans un contexte de recrudescence des tensions liées à l'immigration en Afrique du Sud. Depuis plusieurs années, le pays est régulièrement confronté à des épisodes de violences xénophobes ainsi qu'à des opérations menées par des groupes locaux contre des migrants, souvent accusés d'être à l'origine de la criminalité, du chômage ou de la pression sur les services publics.
Parallèlement, la ministre a indiqué que les opérations officielles de lutte contre l'immigration irrégulière se poursuivent. Au 11 juillet, les autorités avaient procédé à 53 449 expulsions et rapatriements, concernant principalement des ressortissants du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique.
En réaffirmant que la gestion de l'immigration relève exclusivement des institutions compétentes, le gouvernement sud-africain entend contenir les dérives de la « justice privée » tout en poursuivant ses opérations officielles de contrôle et de rapatriement.
apanews