Une vive polémique secoue la scène politique iranienne après la diffusion d’informations faisant état d’une supposée démission du président Massoud Pezeshkian. Selon le média persan Iran International, basé à Londres, le chef de l’État aurait adressé une lettre de démission au bureau du guide suprême Mojtaba Khamenei, dénonçant son exclusion des principales décisions nationales au profit d’une faction influente des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).


D’après cette source, le président iranien aurait estimé que le gouvernement et la présidence étaient progressivement écartés des centres de décision stratégiques, laissant une place grandissante aux structures sécuritaires et militaires. Il aurait ainsi déclaré ne plus être en mesure d’exercer pleinement ses responsabilités constitutionnelles, justifiant sa décision de quitter ses fonctions.


Toutefois, les autorités iraniennes ont rapidement rejeté ces allégations. La présidence a fermement démenti l’existence d’une telle démission et qualifié ces informations de campagne de désinformation.

Mehdi Tabatabaei, responsable de la communication du bureau présidentiel, a assuré que Massoud Pezeshkian poursuivait normalement ses activités à la tête de l’État et restait engagé au service du peuple iranien.


Dans le même sens, l’agence de presse semi-officielle Tasnim, citant des sources gouvernementales, a affirmé que le président continuait d’exercer ses fonctions et que son agenda officiel n’avait connu aucune interruption.
Des tensions persistantes au sein du pouvoir


Cette controverse intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’Iran. Depuis la disparition de l’ancien guide suprême Ali Khamenei lors des frappes israélo-américaines du 28 février 2026, le pays traverse une période de recomposition politique et institutionnelle.

 Massoud Pezeshkian avait alors participé à la gestion de la transition avant l’accession de Mojtaba Khamenei au poste de guide suprême le 8 mars. Durant cette période, les Gardiens de la révolution ont renforcé leur influence sur les questions militaires et sécuritaires.

Cette situation a alimenté les spéculations sur un possible déséquilibre entre les institutions civiles et les structures sécuritaires au sein de l’appareil d’État.


Élu en 2024 sur un programme prônant davantage d’ouverture et de dialogue avec l’Occident, Massoud Pezeshkian incarne l’aile réformiste du pouvoir iranien. Son positionnement contraste avec celui des courants plus conservateurs qui dominent plusieurs centres de décision stratégiques du pays.


Une information à traiter avec prudence


À l’origine de cette affaire, Iran International affirme s’appuyer sur une source anonyme proche du pouvoir. Le média, régulièrement critiqué par les autorités iraniennes pour ses positions jugées hostiles à la République islamique, se présente de son côté comme un organe d’information indépendant.

 

Dans un contexte marqué par la guerre, la circulation de nombreuses informations contradictoires et un contrôle strict de la communication officielle, il demeure difficile de vérifier de manière indépendante les affirmations relatives à une éventuelle démission du président iranien.
Cette nouvelle controverse met en lumière les rivalités qui traversent les cercles du pouvoir à Téhéran.

 Alors que l’Iran fait face à d’importants défis sécuritaires et diplomatiques, toute évolution au sommet de l’État est susceptible d’avoir des répercussions majeures sur l’équilibre politique du pays et sur la conduite de ses relations internationales.

 

SY