Alors que l'Europe est frappée par une vague de chaleur, des milliers de migrants vivant dans le camp de Borgo Mezzanone, dans la périphérie de Foggia, en Italie, continuent de faire face à des conditions de vie particulièrement difficiles. Ce bidonville, qui accueille chaque été jusqu'à 4 000 travailleurs saisonniers, est dépourvu d'infrastructures de base

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Employés principalement dans les exploitations agricoles de la région, les migrants vivent dans un camp où manquent l'eau potable, les installations sanitaires, les espaces ombragés et les systèmes de climatisation.

« C'est dur. On vit dans des conteneurs, il n'y a ni eau ni climatisation. Certains vont travailler, rentrent et se couchent sans même pouvoir se laver », témoigne Mamadou Sarafou Diallo, un migrant guinéen installé à Borgo Mezzanone.

Le camp continue d'attirer de nombreux migrants en quête d'emploi, une situation qui accentue la surpopulation et aggrave les conditions de vie.

 

« Borgo Mezzanone est connu comme le plus grand camp d'Europe. Beaucoup de personnes viennent ici parce qu'elles savent qu'elles peuvent y trouver du travail et rejoindre une communauté. Mais cet afflux, particulièrement important en été, accentue la précarité, notamment en matière d'hygiène. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas de toilettes ici », explique Francesca Palazzo, responsable de projet pour l'organisation humanitaire Intersos à Foggia.

 

La promiscuité et l'absence d'infrastructures sanitaires exposent les habitants à d'importants risques sanitaires. Camilla Faragona, également membre d'Intersos, souligne que les conditions de vie favorisent la propagation des maladies.

 

« Tout ce que nous observons ici peut devenir une source de maladie. Une simple blessure, laissée sans soins dans un tel environnement, peut rapidement s'infecter et nécessiter des traitements antibiotiques ainsi qu'une prise en charge aux urgences », explique-t-elle.

 

Pour améliorer la situation, l'Union européenne a accordé à l'Italie un financement de 62 millions de dollars destiné à reloger ces travailleurs dans des logements plus décents.

 

Toutefois, le projet tarde à se concrétiser, tandis que la question de la régularisation des migrants, dont certains sont en situation irrégulière, continue d'alimenter le débat politique dans le pays.