Après quatre jours de navigation, le navire humanitaire Sea-Watch 5 a accosté en Toscane avec 52 migrants secourus lors de deux opérations en Méditerranée centrale. L'ONG dénonce une nouvelle fois la politique italienne d'attribution des ports de débarquement.

 

Le navire humanitaire Sea-Watch 5 a accosté dimanche 12 juillet au port de Marina di Carrara, en Toscane, avec à son bord 52 migrants secourus en Méditerranée centrale. L'opération marque la reprise des missions de sauvetage de l'ONG allemande après l'attaque de son équipage par des gardes-côtes libyens en mai dernier.

 

Deux opérations de sauvetage en Méditerranée

Selon Sea-Watch, les 52 migrants ont été secourus lors de deux interventions menées les 8 et 9 juillet au large des côtes italiennes. Une première opération a permis de sauver 40 personnes, tandis qu'une seconde a porté assistance à 12 autres migrants, dont une femme enceinte.

 

À leur arrivée à Marina di Carrara, les rescapés ont été pris en charge dans le parc des expositions Imm-CarraraFiere, où ils ont reçu les premiers soins avant leur transfert vers des centres d'accueil, selon l'agence italienne ANSA.

 

L'ONG critique les autorités italiennes

Sea-Watch affirme avoir dû parcourir quatre jours de mer pour rejoindre le port qui lui avait été assigné par les autorités italiennes.

 

L'organisation dénonce une mesure qu'elle juge contre-productive pour les opérations de secours en Méditerranée. Dans un message publié sur le réseau social X, elle estime que l'attribution de ports aussi éloignés réduit la présence des navires humanitaires dans les zones où les migrants sont le plus souvent en détresse.

 

Une législation toujours contestée

L'ONG pointe notamment les effets du décret Piantedosi, entré en vigueur en 2023, qui impose aux navires humanitaires de rejoindre immédiatement le port désigné après une première opération de sauvetage. Le non-respect de cette obligation peut entraîner l'immobilisation du navire.

 

D'après les données publiées par Justice Fleet, une coalition de 13 ONG de recherche et de sauvetage dont fait partie Sea-Watch, 41 navires humanitaires ont été immobilisés depuis l'entrée en vigueur de cette législation, représentant un total cumulé de 1 075 jours d'immobilisation.

 

Une crise migratoire toujours meurtrière

La Méditerranée demeure l'une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Depuis le début de l'année, plus de 1 200 migrants ont perdu la vie en tentant de rejoindre les côtes européennes. Les organisations humanitaires estiment que les restrictions imposées aux opérations de secours, combinées aux embarcations de fortune surchargées et à l'allongement des itinéraires migratoires, contribuent à l'aggravation du bilan humain.

 

 

POUZE PATRICK