Les autorités kényanes accordent un délai de 90 jours aux ressortissants étrangers exerçant une activité commerciale pour mettre à jour leurs documents administratifs. Cette décision, qui concerne notamment les titres de séjour, les permis de travail et les licences commerciales, suscite une forte inquiétude au sein de la communauté burundaise
Le gouvernement kényan a accordé, mardi 8 septembre 2026, un délai de 90 jours aux ressortissants étrangers exerçant des activités commerciales dans le pays pour régulariser leur situation administrative. Les personnes concernées doivent mettre à jour leurs documents d’immigration, leurs permis de travail, l’enregistrement de leurs entreprises et leurs licences commerciales.
Selon le porte-parole de la présidence, Hussein Mohamed, cette opération doit permettre aux travailleurs et entrepreneurs étrangers de se conformer à la législation kényane avant le début de contrôles plus stricts. Elle sera menée par les services gouvernementaux compétents, en collaboration avec les ambassades des pays concernés.
Une décision qui provoque l’inquiétude
Cette période de régularisation intervient après des déclarations du président William Ruto sur la participation des étrangers au petit commerce. Le chef de l’État avait notamment demandé aux autorités de fermer les petites entreprises exploitées sans les autorisations nécessaires.
Ces déclarations ont provoqué un mouvement de panique parmi les communautés étrangères, particulièrement chez les Burundais et les Congolais installés au Kenya.
Des centaines de ressortissants burundais se sont ainsi rendus devant leur ambassade à Nairobi afin d’obtenir des documents administratifs ou des laissez-passer leur permettant de rentrer dans leur pays.
Certains ont affirmé craindre pour leur sécurité malgré le délai accordé par les autorités. Plusieurs ressortissants disent avoir subi des menaces, du harcèlement ou des agressions après les déclarations du président kényan.
Protéger les emplois et les petits commerces
Cette mesure répond également aux préoccupations d’une partie de l’opinion publique kényane. Certains commerçants locaux accusent les étrangers d’occuper des emplois peu qualifiés et de leur faire concurrence dans les petites activités commerciales et le secteur informel.
Face à ces revendications, William Ruto a demandé que le projet de loi sur le contenu local, actuellement examiné par le Parlement, soit élargi. Le futur dispositif pourrait définir des secteurs réservés aux citoyens kényans, tout en protégeant les étrangers légalement installés, employés ou engagés dans des activités d’investissement.
Les autorités rappellent toutefois que la possibilité d’entrer librement au Kenya, notamment pour les ressortissants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, ne donne pas automatiquement le droit d’y travailler ou d’y exercer une activité commerciale.
Le gouvernement exclut toute forme de harcèlement
Hussein Mohamed a assuré que cette opération ne devait servir de prétexte à aucune forme de menace, de discrimination ou de violence contre les ressortissants étrangers.
Le gouvernement affirme vouloir conduire la régularisation de manière équitable et sans discrimination. À l’expiration du délai de 90 jours, les exigences relatives à l’immigration, aux permis de travail et aux autorisations commerciales seront toutefois appliquées plus strictement.
Selon les Nations unies, environ 16 000 réfugiés et demandeurs d’asile burundais vivent au Kenya. Beaucoup exercent de petites activités commerciales à Nairobi.
Entre volonté de protéger les possibilités économiques des Kényans et obligation de respecter les droits des étrangers, le gouvernement tente désormais de rassurer les communautés migrantes. Sur le terrain, cependant, la peur demeure et pousse déjà certains ressortissants burundais à envisager leur retour au pays.