| Le Trésor kényan a débloqué 44,6 milliards de shillings en faveur des agences de sécurité en juillet 2026, soit une hausse de 53 % sur un an. Cette augmentation intervient dans un climat politique tendu, marqué notamment par les violences survenues lors de l’élection partielle d’Ol Kalou. |
À moins d’un an des élections générales de 2027, le Kenya renforce considérablement les moyens financiers consacrés à sa sécurité. En juillet 2026, le Trésor a décaissé 44,6 milliards de shillings au profit des différentes agences de sécurité du pays, une enveloppe en progression de 53 % sur un an.
Cette hausse intervient alors que le climat politique se tend à l’approche du prochain scrutin général, notamment après les violences qui ont marqué l’élection partielle d’Ol Kalou, organisée le 16 juillet 2026.
19,4 milliards de shillings pour la Défense
Dans la répartition des fonds, le secteur de la Défense arrive en tête avec 19,4 milliards de shillings.
La police et le département chargé de la sécurité intérieure ont, pour leur part, bénéficié chacun de 9,9 milliards de shillings, tandis que le National Intelligence Service (NIS) a reçu 5,4 milliards de shillings.
Ces décaissements s’inscrivent notamment dans le cadre du Supplementary Appropriation (No. 2) Act, 2026. Le texte a été adopté par l’Assemblée nationale le 18 juin, avant d’être promulgué le 26 juin 2026. Selon le Parlement kényan, il devait notamment permettre de répondre à des besoins renforcés en matière de sécurité.
Modernisation de la police et nouvelles unités
Raymond Omollo a expliqué cette progression des dépenses par plusieurs besoins, parmi lesquels figurent la modernisation de la police, la création de nouvelles unités administratives et le renforcement des structures locales de l’administration nationale.
L’augmentation des ressources consacrées à la sécurité intervient toutefois dans un contexte particulièrement sensible, à mesure que le pays se rapproche des élections générales de 2027.
Les violences d’Ol Kalou comme signal d’alerte
La Kenya Human Rights Commission (KHRC) et Amnesty International Kenya considèrent les violences survenues à Ol Kalou comme un signal d’alerte concernant l’environnement électoral avant le scrutin de 2027.
Les affrontements enregistrés lors de l’élection partielle du 16 juillet 2026 ont notamment coûté la vie à James Muigai Mwathi, âgé de 30 ans, décédé des suites des violences.
À l’approche des prochaines élections générales, le renforcement des moyens des agences de sécurité intervient ainsi dans un contexte où la question de la sécurisation du processus électoral occupe une place croissante dans le débat au Kenya.
POUZE Patrick