Un homme de 40 ans, revenu de République démocratique du Congo (RDC), est décédé après avoir été testé positif au virus Ebola. Les autorités kényanes ont placé 28 contacts sous surveillance et recherchent plusieurs passagers ayant voyagé sur le même vol.

 

Le Kenya fait face à son premier décès lié au virus Ebola depuis l’apparition de la maladie dans le pays. L’homme, âgé de 40 ans et de nationalité non précisée dans les éléments disponibles, revenait de République démocratique du Congo, où sévit actuellement une importante épidémie.

 

Selon le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, cet homme d’affaires vivait en RDC et avait commencé à présenter des symptômes environ un mois avant son arrivée au Kenya. Après avoir reçu des soins sur place, il a quitté la RDC par la route en direction de Kampala, en Ouganda, avant de prendre un vol pour Nairobi le 3 octobre.

 

À son arrivée, son état de santé s’est rapidement dégradé. Il présentait notamment de la fièvre, des frissons, une grande fatigue, des douleurs musculaires et des difficultés à avaler. Hospitalisé à Nairobi, il a été testé positif au virus Ebola avant de mourir dans la nuit de lundi à mardi.

 

Aucun foyer de transmission locale signalé

 

Malgré ce décès, les autorités kényanes assurent qu’aucune transmission locale n’a été détectée à ce stade.

 

« À l’échelle nationale, nous n’avons toujours pas de foyer épidémique. Ce que nous avons, c'est un cas importé d'un autre pays, après un trajet de 3 000 kilomètres par avion et par la route », a déclaré Mary Muthoni, secrétaire principale chargée de la santé publique et des normes professionnelles.

 

Le dispositif de riposte a été immédiatement activé. Vingt-huit personnes ayant été en contact avec le défunt, notamment des proches et des professionnels de santé, ont été identifiées et placées sous surveillance. Aucun cas positif n’a été détecté parmi elles à ce stade.

 

Les autorités sanitaires poursuivent également les recherches pour retrouver 23 passagers et quatre membres d’équipage qui se trouvaient à bord du même vol que la victime.

 

Le Kenya renforce ses contrôles

 

Face au risque d’une nouvelle importation du virus, le gouvernement entend renforcer les mesures de surveillance aux frontières et dans les aéroports.

 

« Nous tenons à renforcer les mesures de sécurité autour des points d’entrée et à veiller à ce que la surveillance et le dépistage soient effectués », a déclaré Mary Muthoni.

 

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont annoncé l’envoi d’une équipe d’experts au Kenya pour soutenir les autorités nationales. Leur directeur général, Jean Kaseya, doit également se rendre dans le pays dans les prochains jours.

 

Pour le Dr Wessam Mankoula, responsable de la préparation et de la réponse aux urgences au CDC Afrique, le traçage des contacts constitue désormais une priorité. Il appelle les personnes susceptibles d’avoir été exposées au malade à se signaler rapidement auprès du ministère de la Santé afin de faciliter les investigations.

 

Une épidémie toujours active en RDC

 

Cette première apparition du virus au Kenya intervient alors que la RDC fait face depuis mai à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola.

 

Au 2 octobre, l’Organisation mondiale de la Santé recensait, selon les éléments fournis, 8 463 cas et 4 082 décès liés à la souche Bundibugyo. Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe actuellement contre cette souche.

 

Initialement concentrée dans la province de l’Ituri, l’épidémie s’est étendue à plusieurs provinces du nord et de l’est de la RDC, dans un contexte marqué par les conflits armés et les difficultés d’accès aux soins.

 

Au Kenya, les autorités assurent que les protocoles de surveillance, de quarantaine et d’inhumation sécurisée sont activés. L’objectif est désormais d’empêcher que ce cas importé ne donne lieu à une transmission secondaire sur le territoire national.

 

POUZE Patrick