Les États-Unis ont réagi à la suspension par la justice kényane d’un projet de centre d’isolement Ebola, affirmant être en contact avec les autorités de Nairobi et confiants quant à une résolution rapide des préoccupations soulevées.
Dans un communiqué, le bureau de Jeremy P. Lewin a indiqué suivre de près la procédure judiciaire engagée contre le projet. Washington assure poursuivre les échanges avec les autorités kényanes afin de répondre aux objections formulées.
Cette déclaration constitue la première réaction officielle américaine depuis que la Haute Cour du Kenya a ordonné, vendredi, la suspension temporaire de la création et de la mise en service de l’installation, dans l’attente de l’examen d’un recours constitutionnel.
La décision a été rendue par la juge Patricia Nyaundi à la suite d’une plainte déposée par une organisation de défense des droits, qui estime que le projet soulève des questions constitutionnelles et d’intérêt public nécessitant un examen approfondi.
Un projet au cœur des inquiétudes
Le centre d’isolement fait l’objet d’un débat national depuis la révélation de son éventuelle utilisation dans le cadre des mesures américaines de préparation à l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo. Selon plusieurs informations, l’installation pourrait accueillir des citoyens américains potentiellement exposés au virus.
Les détracteurs du projet s’interrogent sur les raisons de l’implantation d’une telle structure au Kenya, tandis que ses défenseurs rappellent que le pays joue depuis longtemps un rôle stratégique dans les opérations régionales de santé publique, de coordination humanitaire et de surveillance épidémiologique.
Nairobi défend sa coopération sanitaire
Face aux critiques, le ministère kényan de la Santé a réaffirmé que toute coopération internationale en matière de santé resterait strictement encadrée par la législation nationale ainsi que par les normes de biosécurité en vigueur.
Les autorités sanitaires ont également indiqué avoir renforcé les dispositifs de surveillance aux frontières et dans les aéroports, tout en améliorant les capacités de laboratoire et les mécanismes d’intervention d’urgence pour prévenir tout risque de propagation du virus.
L’opposition réclame davantage de transparence
Le dossier a également pris une dimension politique. Plusieurs responsables de l’opposition et organisations de la société civile demandent au gouvernement davantage de transparence sur les contours exacts du projet.
L’ancien vice-président kényan Rigathi Gachagua a notamment estimé que le Kenya ne devrait pas servir de base aux préparatifs américains contre Ebola alors qu’aucun cas confirmé n’a été enregistré sur son territoire.
De son côté, le syndicat kényan des médecins, pharmaciens et dentistes a appelé à une clarification complète des accords liés au projet avant toute mise en œuvre, invoquant des préoccupations de santé publique et de sécurité.
Une vigilance sanitaire renforcée
Selon les autorités, plus de 55 000 voyageurs ont déjà été contrôlés aux différents points d’entrée du pays. À ce jour, tous les cas suspects examinés au Kenya se sont révélés négatifs.
Alors que la justice kényane poursuit l’examen du dossier, le débat autour du centre d’isolement met en lumière l’équilibre délicat entre coopération internationale en matière de santé et préoccupations nationales liées à la souveraineté, à la transparence et à la sécurité publique.