La Banque africaine de développement (BAD) poursuit sa stratégie de financement du développement sur le continent. L’institution panafricaine a annoncé avoir levé 1,25 milliard d’euros à travers une obligation sociale à sept ans, marquant sa première émission en euros de l’année 2026.

 Cette opération, largement soutenue par les investisseurs institutionnels, permettra de financer des projets sociaux dans plusieurs pays africains, notamment dans les domaines des infrastructures, de la santé, de l’éducation et de l’inclusion sociale.

 

Selon un communiqué publié le 4 juin 2026, la BAD a réalisé cette levée de fonds sur les marchés internationaux de capitaux le 3 juin, via une obligation assortie d’un coupon fixe de 3 % et arrivant à échéance le 10 juin 2033.

 

Cette émission constitue également la première obligation à sept ans en euros lancée par la Banque depuis 2022. Le règlement de l’opération est intervenu le 10 juin 2026.

 

L’obligation a été émise avec un rendement de 3,701 % et un prix de réoffre fixé à 99,559 cents. Selon la BAD, le niveau de spread obtenu représente le plus faible jamais enregistré par l’institution par rapport à l’obligation souveraine allemande de référence. L’opération a été conduite par quatre établissements financiers internationaux : Crédit Agricole, Goldman Sachs, JP Morgan et NatWest.

 

Une demande largement supérieure à l’offre

L’opération a suscité un fort engouement des investisseurs. Le carnet d’ordres final a dépassé 2,1 milliards d’euros, soit bien au-delà du montant recherché. Cette forte demande a permis à la Banque de resserrer les conditions de prix dès les premières heures de commercialisation de l’emprunt.

 

L’annonce du mandat avait été faite le 2 juin à Londres, tandis que l’ouverture officielle des souscriptions est intervenue le lendemain matin. Face à l’intérêt manifesté par les investisseurs, les conditions initiales ont rapidement été ajustées à la baisse, témoignant de la confiance du marché envers la signature de la BAD.

 

Les institutions officielles en première ligne

L’Europe a représenté la principale zone de souscription, avec 81 % de l’allocation totale. Elle est suivie par la région Moyen-Orient et Afrique ainsi que par l’Asie, qui ont chacune capté 8 % des placements, tandis que les Amériques ont représenté 3 %.

 

Par catégorie d’investisseurs, les banques centrales et les institutions officielles arrivent en tête avec 48 % de l’allocation. Elles devancent les banques commerciales, qui concentrent 28 % des souscriptions, et les gestionnaires d’actifs, qui représentent 24 %.

 

La solidité financière de la BAD demeure un atout majeur auprès des marchés internationaux. L’institution bénéficie des meilleures notations attribuées par les principales agences internationales : Aaa chez Moody’s, AAA chez Standard & Poor’s et AAA chez Fitch, toutes assorties d’une perspective stable.

 

Des fonds destinés aux projets sociaux

Cette émission s’inscrit dans le cadre du Sustainable Bond Framework adopté par la Banque en septembre 2023. Ce dispositif définit les critères permettant d’orienter les ressources mobilisées vers des projets répondant à des objectifs sociaux et de développement durable.

 

Les fonds collectés serviront ainsi à financer des projets éligibles dans les pays membres régionaux de la BAD, avec une priorité accordée aux infrastructures sociales, aux systèmes de santé, à l’éducation, à la protection des populations vulnérables et à l’inclusion sociale.

 

Grâce à cette nouvelle opération, le montant total des ressources levées par la Banque depuis le début de l’année 2026 atteint désormais 10,1 milliards de dollars, soit environ 83 % de son programme annuel d’emprunt.

 

Cette émission intervient après une levée de 2 milliards de dollars réalisée en mars 2026 sur une maturité de cinq ans, ainsi qu’une émission inaugurale de 3 milliards de dollars hongkongais à travers une obligation dite « Wonton Bond ».

 

Un outil devenu central dans la stratégie de la BAD

Les obligations sociales occupent une place croissante dans la stratégie de financement de la Banque africaine de développement. Ces instruments permettent à l’institution de diversifier ses sources de financement tout en soutenant directement des projets à fort impact social sur le continent.

 

En 2025 déjà, la BAD avait mobilisé un milliard d’euros à travers une obligation sociale à cinq ans. Deux autres opérations similaires avaient été réalisées en 2022, dont une émission de 1,25 milliard d’euros sur sept ans.

 

Créée en 1964 et basée à Abidjan, la Banque africaine de développement compte aujourd’hui 81 pays membres, dont 54 États africains et 27 pays non africains. Son capital autorisé s’élève à 208 milliards de dollars. À travers son guichet concessionnel, le Fonds africain de développement (FAD), elle accompagne également les pays les moins avancés du continent grâce à des financements à des conditions préférentielles.

 

Cette nouvelle levée de fonds confirme la confiance dont bénéficie la BAD sur les marchés internationaux et renforce sa capacité à financer des projets structurants destinés à améliorer durablement les conditions de vie de millions d’Africains.

 

NDC