Face à l'accumulation des stocks de riz local, le gouvernement sénégalais suspend temporairement la délivrance des autorisations d'importation. Cette mesure vise à favoriser l'écoulement de 37 000 tonnes de riz blanc, renforcer les revenus des producteurs et réduire progressivement la dépendance du pays aux importations.

 

Le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre, pour une durée d'un mois, la délivrance des Déclarations d'importation de produits alimentaires (DIPA) concernant le riz. Cette décision, arrêtée à l'issue d'une réunion stratégique tenue le 8 juillet 2026 au ministère de l'Industrie et du Commerce, s'inscrit dans une politique de soutien à la filière rizicole nationale, confrontée à d'importantes difficultés de commercialisation.

 

 

Le marché local désormais privilégié

En interrompant temporairement la délivrance des autorisations d'importation, les autorités sénégalaises entendent freiner l'entrée du riz étranger afin d'offrir davantage de débouchés au riz produit localement. L'objectif est de faciliter l'écoulement des stocks disponibles et de renforcer la place de la production nationale sur le marché intérieur.

 

 

La réunion, présidée par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a rassemblé des représentants de la Primature, des ministères concernés, de la Société nationale d'aménagement et d'exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), des organisations de commerçants ainsi que des industriels du secteur.

 

 

À l'issue des échanges, les participants ont validé un plan d'urgence axé sur la régulation du marché, l'accompagnement des rizeries et un suivi renforcé de la commercialisation.

 

Un nouveau mécanisme pour encadrer les importations

Les autorités ont également adopté un nouveau système d'attribution des futurs quotas d'importation. Désormais, les opérateurs économiques devront justifier l'achat de volumes déterminés de riz local avant d'obtenir de nouvelles autorisations d'importation.

 

Cette mesure vise à impliquer directement les importateurs dans l'écoulement de la production nationale et à créer un équilibre entre les besoins du marché et le développement de la filière locale.

 

37 000 tonnes de riz à écouler

Selon la SAED, les stocks actuels de riz blanc à commercialiser sont estimés à 37 000 tonnes. Parallèlement, les rizeries prévoient de transformer près de 64 000 tonnes de riz blanc lors de la prochaine campagne.

 

 

Afin d'améliorer la compétitivité du riz sénégalais, le prix d'achat auprès des importateurs a été fixé à 280 FCFA le kilogramme. Les unités de transformation bénéficieront également d'une subvention de 50 FCFA par kilogramme afin d'alléger une partie des coûts de production et de transformation. Cette mesure sera financée par le ministère de l'Économie et des Finances.

 

Vers une réduction de la dépendance aux importations

Cette décision intervient après plusieurs alertes lancées par les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal, confrontés à la mévente de leurs récoltes et à l'accumulation des stocks.

 

Le ministère de l'Industrie et du Commerce réaffirme sa volonté de faire de la filière rizicole un pilier de la sécurité alimentaire et de la souveraineté économique du pays. Les autorités entendent ainsi stimuler la consommation du riz local, garantir des débouchés aux producteurs et réduire progressivement la dépendance du Sénégal aux importations.

 

 

Dans cette dynamique, une campagne nationale de promotion du riz sénégalais sera lancée. Les administrations publiques et les établissements de l'État seront notamment invités à privilégier l'achat de riz produit localement, tandis que les premiers enlèvements de stocks par les opérateurs économiques sont attendus dans les prochains jours.

 

 

Un défi encore important

Malgré ces mesures, le Sénégal reste fortement tributaire des importations de riz. En 2025, le pays a importé environ 1,39 million de tonnes de riz pour une facture estimée à près de 522 milliards de FCFA, contre 315 milliards de FCFA en 2024.

 

 

Pour assurer l'application effective des décisions adoptées, un comité de suivi de la commercialisation du riz local se réunira chaque semaine. Il sera chargé d'évaluer l'évolution de l'écoulement des stocks, le niveau d'engagement des importateurs ainsi que l'efficacité des mesures mises en œuvre pour soutenir durablement la production nationale.

 

 

KR