La députée libanaise Inaya Ezzeddine alerte sur les séquelles physiques et psychologiques laissées par les violences. Selon elle, des centaines de milliers d’enfants auront besoin d’une prise en charge médicale, émotionnelle et sociale à long terme.

 

Près de 800 enfants ont été tués au cours des guerres de 2024 et 2026 au Liban, tandis qu’environ 360 000 autres ont été contraints de quitter leur foyer. Ces chiffres ont été communiqués par la députée libanaise Inaya Ezzeddine, présidente de la Commission parlementaire des femmes et des enfants.

 

Son alerte intervient alors que les frappes israéliennes continuent de toucher le sud du pays. Le lundi 7 septembre 2026, des bombardements sur la localité de Kfar Rumman, dans le district de Nabatiyeh, ont fait au moins 12 morts, parmi lesquels deux enfants. Plusieurs autres personnes ont été blessées, selon les autorités libanaises. Reuters

 

Des enfants tués ou grièvement blessés

 

D’après Inaya Ezzeddine, de nombreux enfants ont subi de graves blessures au cours des différentes phases du conflit. Certains ont dû être opérés à plusieurs reprises, tandis que d’autres ont perdu un membre ou la vue.

 

« Cela signifie qu’ils auront besoin de plusieurs années de traitement et de soins médicaux, parallèlement à un accompagnement psychologique, émotionnel et social spécialisé », a-t-elle déclaré.

 

Les chiffres avancés par la députée couvrent les guerres de 2024 et 2026. Pour la seule période ouverte le 2 mars 2026, les données du ministère libanais de la Santé font état de plus de 250 enfants tués et de plus de 1 000 blessés. Reuters

 

Des déplacements à répétition

 

Environ 360 000 enfants figureraient parmi les 1,2 million de personnes déplacées au cours des conflits, selon Inaya Ezzeddine. Plusieurs familles ont dû fuir à différentes reprises lorsque les zones dans lesquelles elles avaient trouvé refuge ont, à leur tour, été touchées.

 

« Certains enfants ont été pris pour cible avec leurs familles sur les routes de déplacement ou alors qu’ils étaient contraints de quitter leur domicile », a-t-elle dénoncé.

 

Ces déplacements perturbent également la scolarité. À l’approche de la rentrée, des milliers d’élèves restent hébergés dans des établissements transformés en centres d’accueil. Dans le sud du Liban, près de 80 écoles publiques servent encore d’abris, tandis qu’au moins 100 000 enfants risquent de voir leur parcours scolaire durablement compromis. Reuters

 

Des « blessures invisibles » durables

 

Au-delà des morts et des blessures physiques, la députée attire l’attention sur les traumatismes provoqués par les bombardements, la perte de proches, la peur chronique et l’absence persistante de sécurité.

 

Ces « blessures invisibles » pourraient accompagner les enfants durant plusieurs années. Inaya Ezzeddine appelle donc à la mise en place de programmes durables de soutien psychologique, émotionnel et social, adaptés aux besoins des victimes et de leurs familles.

 

Joseph Aoun dénonce une escalade

 

Le président libanais, Joseph Aoun, a condamné la poursuite des frappes, les qualifiant de dangereuse escalade. Il a tenu Israël pour responsable de la détérioration de la situation et demandé aux États-Unis ainsi qu’à la communauté internationale d’intervenir pour faire respecter les accords conclus.

 

Les attaques se poursuivent en dépit de la trêve négociée sous médiation américaine en juin. Israël affirme, de son côté, viser des combattants et des installations du Hezbollah. Associated Press

 

L’UNICEF appelle à protéger les enfants

 

L’UNICEF a plusieurs fois alerté sur le lourd tribut payé par les enfants au Liban. Dès le mois de mai 2026, l’organisation indiquait qu’au moins 59 enfants avaient été tués ou blessés en une seule semaine, malgré le cessez-le-feu annoncé le 17 avril. UNICEF

 

L’agence des Nations unies demande aux parties au conflit de protéger les enfants et les infrastructures civiles, notamment les écoles, les centres d’accueil et les établissements de santé. Alors que les violences se prolongent, l’urgence ne consiste plus seulement à sauver des vies, mais aussi à reconstruire celles de milliers d’enfants profondément marqués par la guerre.

 

POUZE Patrick