Plus de 30 personnes auraient été exécutées depuis fin août dans l’est de la Libye, selon l’ONU et Amnesty International. Une cinquantaine d’autres condamnés à mort seraient exposés à un risque d’exécution imminente.

 

Les inquiétudes grandissent autour de la reprise des exécutions dans l’est de la Libye. La Mission d’appui des Nations unies en Libye (UNSMIL) a demandé, mercredi 16 septembre, l’arrêt immédiat de nouvelles mises à mort, après une série d’exécutions rapportées ces dernières semaines.

 

Amnesty International affirme avoir documenté au moins 30 exécutions entre le 23 août et le 9 septembre 2026. L’organisation estime par ailleurs qu’au moins 50 autres hommes condamnés à mort risquent d’être exécutés prochainement.

 

Un moratoire de fait de quinze ans remis en cause

 

Selon la mission de l’ONU, cette reprise des exécutions met fin à un moratoire de fait observé pendant environ quinze ans.

 

L’UNSMIL indique avoir multiplié les échanges avec les autorités de l’est du pays afin d’obtenir la suspension des exécutions et un réexamen crédible des procédures judiciaires, notamment au regard des garanties liées au droit à un procès équitable.

 

La mission onusienne propose également de travailler avec les autorités concernées, à travers son équipe chargée des droits humains, sur les procédures suivies et les garanties judiciaires.

 

Amnesty dénonce des procès militaires secrets

 

Amnesty International affirme que plusieurs condamnations à mort ont été prononcées à l’issue de procès militaires secrets et marqués, selon l’organisation, par des allégations de torture.

 

L’ONG rapporte notamment que certains condamnés auraient affirmé que des aveux avaient été obtenus sous la contrainte avant d’être utilisés contre eux dans les procédures judiciaires.

 

Ces éléments sont au cœur des préoccupations exprimées par les organisations de défense des droits humains, qui demandent un réexamen des dossiers concernés.

 

Dix exécutions annoncées le 23 août

 

Le 23 août, le parquet militaire des Forces armées arabes libyennes avait annoncé l’exécution par fusillade de dix personnes condamnées pour des faits présentés comme liés au terrorisme et à des meurtres.

 

D’autres exécutions ont ensuite été signalées dans l’est du pays par Libya Crimes Watch. L’organisation a également saisi des rapporteurs spéciaux des Nations unies chargés notamment des garanties judiciaires et du droit à la vie.

 

Tripoli demande également l’arrêt des exécutions

 

Le Gouvernement d’unité nationale installé à Tripoli a, lui aussi, demandé l’arrêt des exécutions et le réexamen de la situation des personnes condamnées à mort.

 

De son côté, l’UNSMIL poursuit ses échanges avec les autorités concernées pour tenter d’obtenir une suspension des mises à mort et un examen des procédures judiciaires.

 

La reprise des exécutions dans l’est de la Libye marque ainsi une rupture avec la période de moratoire de fait observée pendant plusieurs années, tandis que les appels à leur suspension se multiplient.

 

TALLEB DE LA