L’Union européenne franchit une nouvelle étape dans sa politique migratoire. Les eurodéputés et les États membres sont parvenus, lundi, à un accord sur une réforme visant à faciliter l’exécution des décisions d’expulsion grâce à la création de « hubs de retour », des centres d’accueil temporaires installés hors du territoire européen.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en 2024. Elle répond à la volonté des autorités européennes de renforcer l’efficacité des procédures de retour. Selon les données de la Commission européenne, près de 400 000 personnes reçoivent chaque année une obligation de quitter le territoire de l’Union, mais seulement une sur cinq exécute effectivement cette décision.
Le nouveau mécanisme prévoit le transfert de migrants faisant l’objet d’une décision définitive d’éloignement vers des pays partenaires. Ces personnes y seraient hébergées temporairement avant leur rapatriement vers leur pays d’origine ou leur redirection vers un autre État tiers, conformément aux accords conclus entre l’Union européenne et les pays d’accueil.
Plusieurs États membres, notamment l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche et la Grèce, soutiennent cette approche qu’ils considèrent comme un moyen de mieux contrôler les flux migratoires. Des discussions préliminaires seraient déjà engagées avec plusieurs pays partenaires, parmi lesquels le Sénégal, le Ghana, la Mauritanie, le Rwanda et l’Ouzbékistan.
La Commission européenne assure que ces futurs centres devront respecter les normes internationales en matière de droits humains. Elle précise également que les familles accompagnées d’enfants ainsi que les mineurs non accompagnés ne seront pas concernés par ce dispositif.
Malgré ces garanties, la réforme suscite de nombreuses réserves au sein de la société civile. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, alertent sur les risques de violations des droits fondamentaux et sur les incertitudes entourant les conditions d’accueil et de prise en charge des migrants dans ces centres externalisés.
Le compromis politique obtenu devra encore recevoir l’approbation formelle du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne dans les prochaines semaines.
Son adoption définitive pourrait marquer un tournant majeur dans la stratégie migratoire européenne et relancer le débat sur l’externalisation de la gestion des migrations aux frontières de l’UE.