Les responsables des administrations publiques de la région de l’Ouest se sont réunis ce 16 juin 2026 à Bafoussam dans le cadre des travaux de mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. Cette rencontre, organisée par la Commission nationale anti-corruption (CONAC), vise à renforcer la coordination des actions engagées contre ce fléau qui continue de freiner le développement du pays.
Durant trois jours, les différents acteurs régionaux impliqués dans la lutte contre la corruption procéderont à l’évaluation du plan d’action régional 2025, à l’élaboration de celui de 2026 et au renforcement de leurs capacités opérationnelles.
Les travaux sont présidés par le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, en présence du vice-président de la CONAC, le Pr François Anoukaha. Cette session constitue une étape importante dans la consolidation des mécanismes de prévention et de répression de la corruption au niveau régional.
Selon les données rendues publiques par le président de la CONAC, le Dr Dieudonné Massi Gams, lors de la présentation du rapport annuel sur l’état de la lutte contre la corruption, le Cameroun a enregistré des pertes estimées à plus de 4 milliards de FCFA en 2024 en raison des pratiques corruptives, contre 114 milliards de FCFA en 2023.
Considérée comme l’un des principaux obstacles au développement, la corruption fragilise les institutions, ralentit la croissance économique et érode la confiance des citoyens envers les pouvoirs publics. Elle se manifeste notamment à travers les détournements de fonds publics, les pots-de-vin, le favoritisme ou encore les irrégularités dans l’attribution des marchés publics.
Ses conséquences se répercutent directement sur les populations, à travers la dégradation des services publics essentiels tels que la santé, l’éducation ou les infrastructures, tout en accentuant les inégalités sociales.
La lutte contre la corruption demeure ainsi un enjeu majeur pour la justice sociale, le développement durable et la stabilité des institutions. Les ressources détournées pourraient en effet contribuer au financement de projets structurants et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Un engagement collectif indispensable
Pour de nombreux observateurs, la lutte contre la corruption ne peut produire des résultats durables sans l’implication de l’ensemble des acteurs de la société. Institutions publiques, secteur privé et citoyens sont appelés à jouer pleinement leur rôle dans la promotion de l’intégrité et de la transparence.
Comme le soulignait Akere Muna, fondateur de Transparency International Cameroun, « la corruption tue plus que les guerres ». Un rappel fort qui met en lumière l’urgence de renforcer les mécanismes de gouvernance afin de préserver les ressources publiques et garantir un avenir plus équitable aux générations futures.
SY