Cinquante ressortissants chinois condamnés par la justice malgache ont été remis aux autorités de leur pays afin d’y purger le reste de leurs peines. Cette opération marque une nouvelle étape dans la coopération entre Madagascar et la Chine contre les réseaux transnationaux d’escroquerie en ligne.


 

Cinquante ressortissants chinois condamnés à Madagascar pour des infractions liées à l’escroquerie en ligne ont été transférés vers la Chine. Ils ont quitté la Maison centrale d’Avaradrano, lundi 7 septembre 2026, avant d’être remis aux autorités chinoises compétentes le lendemain.

 

Les condamnés appartenaient à un réseau de cyberescroquerie opérant sur le territoire malgache. Les peines prononcées contre eux varient de deux à dix ans d’emprisonnement. Ils devront en purger le reste dans leur pays d’origine.

 

Le transfert a mobilisé le ministère malgache de la Justice, le ministère de la Sécurité publique, l’Organisation internationale de police criminelle, Interpol, ainsi que l’ambassade de Chine à Madagascar.

 

Les autorités malgaches affirment que l’opération a été conduite conformément aux dispositions légales et aux procédures judiciaires en vigueur. Le groupe a quitté la prison d’Avaradrano sous escorte avant de prendre un vol à destination de la Chine, avec une escale à Addis-Abeba, en Éthiopie.

 

Cette opération constitue la première vague de transferts. D’autres ressortissants chinois détenus à Madagascar et condamnés pour des infractions similaires devraient suivre le même processus.

 

La Convention de Palerme comme cadre de coopération

Le transfert s’inscrit dans les mécanismes de coopération prévus par la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, également appelée Convention de Palerme.

 

Adopté en 2000, ce texte constitue le principal instrument juridique international de lutte contre la criminalité organisée transfrontalière. Madagascar y a adhéré en 2005.

 

La Convention encourage notamment l’entraide judiciaire, le partage d’informations et la coopération entre les services chargés des enquêtes et des poursuites.

 

Pékin promet la fermeté

 

Les autorités chinoises assurent qu’aucune indulgence ne sera accordée à leurs ressortissants impliqués dans des réseaux d’escroquerie numérique. Pékin affirme mener une campagne contre les groupes criminels spécialisés dans la fraude en ligne. La Chine entend également renforcer sa collaboration avec Madagascar et d’autres pays afin de repérer, poursuivre et démanteler ces réseaux.

 

Ce premier transfert illustre ainsi la volonté des deux États d’intensifier leur coopération judiciaire et policière face à une forme de criminalité dont les opérations et les victimes dépassent les frontières nationales.