Une attaque armée survenue dimanche 18 octobre à Tagadayat, dans le nord-est du Mali, aurait fait au moins 48 morts parmi les civils. La communauté Idaksahak accuse des combattants de l’État islamique au Sahel et alerte sur de nouveaux déplacements de populations.


Au moins 48 civils ont été tués dimanche 18 octobre 2026 à Tagadayat, dans la région de Ménaka, au nord-est du Mali, près de la frontière avec le Niger. Le bilan a été communiqué lundi par le bureau exécutif de la communauté Idaksahak, qui attribue l’attaque à des combattants de l’État islamique au Sahel.

 

Selon l’organisation, les assaillants, qui circulaient à moto, ont pris pour cible des populations civiles. Plusieurs personnes auraient également été blessées, mais leur nombre n’a pas été précisé. Au moment de la publication du communiqué, le bilan et l’identité des responsables n’avaient pas été confirmés par une source officielle ou humanitaire indépendante.

 

L’attaque aurait par ailleurs provoqué le déplacement de plusieurs centaines de familles, contraintes de quitter leurs localités pour rejoindre la ville de Ménaka. Face à cette situation, la communauté Idaksahak appelle à une assistance d’urgence en faveur des personnes déplacées ainsi qu’au renforcement des mesures de protection des civils.

 

Ménaka, une région régulièrement frappée par les violences

 

Située dans la zone dite des trois frontières, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, la région de Ménaka figure depuis plusieurs années parmi les principaux foyers d’activité de l’État islamique au Sahel. Le groupe y mène également des affrontements récurrents avec d’autres organisations armées.

 

Les communautés locales, notamment les Idaksahak, également appelées Daoussahak, ont déjà subi de lourdes pertes lors de précédentes attaques. Entre le 8 et le 28 mars 2022, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) avait documenté au moins 157 civils tués dans la région de Ménaka au cours d’une série d’attaques attribuées à des combattants de l’État islamique.

 

À cette période, plusieurs localités, dont Tamalat, Inchinane et des villages du cercle d’Andéramboukane, avaient été ciblées. Des témoins cités par Human Rights Watch avaient décrit des assaillants arrivant à moto et en véhicule, ouvrant le feu sur les habitants et provoquant des déplacements massifs.

 

De son côté, Amnesty International avait signalé en 2022 que des milliers de personnes avaient fui leurs villages dans la région. L’organisation avait notamment fait état d’homicides, de destructions d’habitations et de points d’eau, ainsi que de confiscations de bétail.

 

Une nouvelle menace pour les populations civiles

 

Plus récemment, fin avril 2026, des combattants de l’État islamique au Sahel avaient pénétré dans la ville de Ménaka dans le cadre d’une offensive plus large menée dans le nord du Mali. Ils s’étaient ensuite retirés, tandis que l’armée malienne reprenait ses positions et renforçait ses patrouilles terrestres et aériennes.

 

La localité de Tagadayat se trouve elle aussi dans une zone déjà marquée par les activités du groupe. En décembre 2024, l’armée malienne avait annoncé la capture d’Ahmad Ag Ditta, présenté comme un important responsable de l’État islamique dans la région de Ménaka.

 

Dans ce contexte sécuritaire fragile, la nouvelle attaque signalée à Tagadayat ravive les inquiétudes concernant la protection des populations civiles et l’aggravation des déplacements forcés dans le nord-est du Mali. L’ampleur réelle du bilan humain reste toutefois à établir de manière indépendante.