Trois migrants sans papiers, dont un garçon de 10 ans, ont perdu la vie lundi au large des côtes françaises alors qu’ils tentaient de traverser la Manche à bord d’un canot pneumatique surchargé. Les autorités françaises indiquent que 105 personnes se trouvaient à bord de l’embarcation.


 

Le drame s’est produit lundi matin au large du nord de la France. Parti de la région de Sangatte vers 5 h 15 avec 105 personnes à bord, le canot pneumatique a été confronté à des difficultés alors qu’il se trouvait à environ six kilomètres des côtes britanniques. Les passagers ont alerté les secours vers 8 h, selon le préfet local, François-Xavier Lauch.

 

Deux femmes d’une trentaine d’années et un garçon de 10 ans, qui seraient d’origine érythréenne, sont morts dans des circonstances qui semblent liées à une bousculade provoquée par la surcharge de l’embarcation. L’enfant aurait voyagé avec sa mère ainsi que ses frères et sœurs.

 

Tous les autres passagers secourus

 

Malgré le drame, le canot ne s’est pas échoué ni n’a coulé. Tous les autres passagers ont été secourus et pris en charge, selon la préfecture maritime. Ils ont été débarqués en milieu de matinée au port de Calais.

 

Sur place, des rescapés ont été aperçus sur des civières ou en fauteuil roulant. Plusieurs étaient enveloppés dans des couvertures de survie. Des enfants figuraient également parmi les personnes secourues.

 

Pour le préfet François-Xavier Lauch, le début de l’automne constitue une période particulièrement dangereuse pour ces traversées. Si les conditions météorologiques peuvent encore sembler clémentes, la mer devient progressivement plus difficile à affronter, rendant les départs particulièrement risqués.

 

Au moins 22 morts depuis le début de l’année

 

Ce nouveau drame intervient quelques jours après la découverte de trois corps à la suite de départs chaotiques de « bateaux-taxis » dans le nord de la France. Ces embarcations viennent de la mer jusqu’à proximité des plages afin de récupérer des migrants dans les eaux peu profondes.

 

Selon un décompte de l’AFP établi à partir de sources officielles françaises et britanniques, au moins 22 personnes sont mortes cette année en tentant de traverser la Manche. L’année dernière, le même décompte faisait état d’au moins 29 décès.

 

La France demeure une étape importante pour des demandeurs d’asile sans visa qui souhaitent rejoindre le Royaume-Uni. Pour effectuer la traversée, certains versent des milliers de dollars à des passeurs, avant de monter à bord de canots pneumatiques souvent instables et surchargés.

 

Les traversées, un sujet politique sensible au Royaume-Uni

 

La lutte contre ces traversées constitue également un enjeu politique majeur au Royaume-Uni. Les gouvernements britanniques successifs cherchent à réduire les arrivées de migrants par la Manche, alors que le parti d’extrême droite Reform UK a vu sa popularité progresser sur fond de sentiment anti-immigration croissant, selon le texte.

 

Mercredi, 781 personnes avaient atteint les côtes britanniques après avoir traversé la Manche à bord de petites embarcations, constituant un record quotidien pour 2026.

 

Malgré ce pic, le nombre total de traversées reste inférieur à celui enregistré l’année précédente à la même période. Dimanche, environ 19 135 personnes avaient rejoint la Grande-Bretagne depuis le début de l’année, soit 42 % de moins qu’à la même date en 2025.

 

Le drame de lundi rappelle toutefois les risques persistants de ces traversées clandestines de la Manche, particulièrement dangereuses à l’approche de la dégradation des conditions en mer.