Le Directeur général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), Dr Edoh Kossi Amenounvé, a participé, le 5 juin 2026 à Riga, en Lettonie, à la 35ᵉ Assemblée annuelle et au Forum des affaires de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

 Cette rencontre de haut niveau lui a permis de présenter l’expérience unique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans la construction d’un marché financier régional intégré.

 

Invité par la BERD, le patron de la BRVM a échangé avec plusieurs décideurs internationaux, dont le ministre lituanien des Finances, Kristupas Vaitiekūnas, autour des défis et opportunités liés au développement des marchés de capitaux régionaux.

 

Au cours d’un panel animé par Katie Martin, journaliste au Financial Times, Dr Amenounvé a détaillé les fondements du modèle financier de l’UEMOA. Il a notamment mis en avant l’existence d’une banque centrale unique, la BCEAO, d’une monnaie commune, le franc CFA, d’un cadre d’intégration économique consolidé depuis 1994 et d’un environnement juridique harmonisé grâce à l’OHADA.

 

Un modèle régional devenu une référence en Afrique

Le Directeur général de la BRVM a expliqué les principaux défis relevés pour bâtir ce marché financier régional couvrant huit pays d’Afrique de l’Ouest.

Il a notamment évoqué la création d’une autorité régionale de régulation, l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), ainsi que la mise en place d’institutions spécialisées comme la BRVM et le Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR).

 

L’interconnexion technologique des huit États membres a également constitué un défi majeur afin de garantir un accès équitable au marché pour les investisseurs et les sociétés de bourse de toute la région.

 

Autre étape décisive : le transfert des entreprises anciennement cotées à la Bourse des Valeurs d’Abidjan (BVA) vers la BRVM avant le démarrage officiel des transactions le 16 septembre 1998.

Aujourd’hui, la BRVM s’impose comme la cinquième place boursière du continent africain. Elle compte 47 sociétés cotées pour une capitalisation boursière de 16 966 milliards FCFA, soit plus de 30 milliards de dollars, ainsi que 205 lignes obligataires représentant près de 12 029 milliards FCFA.

Les pays baltiques intéressés par l’expérience de l’UEMOA

Selon la BRVM, les représentants de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ont manifesté un vif intérêt pour le modèle ouest-africain, notamment en ce qui concerne l’interconnexion des infrastructures de marché et le développement d’une base solide d’investisseurs institutionnels et particuliers.

Ces problématiques demeurent également au cœur des préoccupations des trois États baltiques, regroupés au sein du Nasdaq Baltic.

Cap sur l’innovation et la finance durable

Lors de son intervention, Dr Edoh Kossi Amenounvé a également présenté les réformes engagées pour renforcer l’attractivité de la BRVM. Parmi elles figurent la poursuite des privatisations dans les pays de l’Union, l’encouragement des introductions en bourse de grandes entreprises et de PME, ainsi que l’amélioration de la liquidité du marché.

Le responsable a également mis en avant les ambitions de la BRVM à l’horizon 2030, articulées autour de deux axes stratégiques majeurs : l’intégration de l’intelligence artificielle dans les activités boursières et le développement de la finance durable afin de positionner davantage la BRVM comme une place financière de référence en Afrique.

 

Une coopération porteuse de nouvelles perspectives

 

Cette rencontre a également permis d’ouvrir la voie à d’éventuelles collaborations entre l’UEMOA et les pays baltiques. Les échanges ont mis en évidence plusieurs défis communs liés au financement du développement, à la modernisation des marchés financiers et à l’innovation technologique.

En présentant l’expérience de l’UEMOA devant les décideurs européens, la BRVM confirme son statut de modèle d’intégration financière régionale en Afrique. Cette reconnaissance internationale pourrait favoriser de nouveaux partenariats stratégiques et renforcer davantage l’attractivité du marché financier ouest-africain auprès des investisseurs mondiaux.