| Les autorités marocaines ont annoncé, samedi, l’interpellation de 148 migrants irréguliers à Fnideq et dans ses environs. Ces arrestations interviennent après une tentative de traversée collective vers Ceuta, ville sous administration espagnole, dans un contexte de renforcement du dispositif sécuritaire aux frontières. |
Les autorités marocaines ont interpellé 148 migrants irréguliers, samedi, dans la ville de Fnideq et ses environs, après avoir déjoué une tentative de traversée massive vers Ceuta, sous administration espagnole.
Selon un communiqué de la préfecture de Fnideq citant un responsable sous couvert d’anonymat, 109 des personnes interpellées sont originaires d’autres pays africains et deux sont Marocains.
Un important dispositif sécuritaire déployé
Face à cette tentative de franchissement collectif, les autorités ont déployé d’importants moyens humains et logistiques dans la région. Ce dispositif aurait permis d’empêcher les migrants de s’approcher du poste-frontière.
Selon le responsable cité, les forces de sécurité ont notamment eu recours à des drones de surveillance à distance, des véhicules d’intervention et des camions équipés de canons à eau, afin d’éviter tout contact direct avec les migrants.
Les autorités assurent que la situation sécuritaire aux abords de Ceuta et Melilla est désormais « normale et sous contrôle ».
Des appels à la traversée diffusés sur les réseaux sociaux
Cette nouvelle tentative intervient après la diffusion, sur les réseaux sociaux, de messages appelant à des traversées collectives vers Ceuta et Melilla.
Le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, Rachid Khalfi, avait indiqué mercredi que les services compétents avaient observé ces derniers jours la circulation de publications et de messages d’origine inconnue incitant à organiser des tentatives de franchissement collectif illégal le 15 août.
Le ministère de l’Intérieur a dénoncé des pratiques présentant de « sérieux risques » pour la sécurité des personnes et susceptibles d’exploiter la question migratoire à des fins d’incitation.
Les opérations de veille numérique doivent se poursuivre afin d’identifier et d’interpeller les personnes impliquées dans ces appels, parallèlement aux opérations menées sur le terrain contre les tentatives de traversée irrégulière et leurs organisateurs.
La frontière de Ceuta sous pression migratoire
Entre le 29 et le 31 juillet, la frontière avec Ceuta avait déjà enregistré un important afflux de personnes tentant de rejoindre la ville. Selon les chiffres rapportés, les estimations du nombre de personnes ayant franchi la frontière divergeaient fortement entre les autorités marocaines et espagnoles.
Le Conseil national des droits de l’homme au Maroc avait annoncé, le 7 août, un bilan de 14 morts, tandis que des données espagnoles faisaient état de 80 décès.
Ceuta et Melilla sont administrées par l’Espagne, tandis que leur statut demeure un sujet de contentieux avec le Maroc. Situées aux portes de l’Europe, elles constituent régulièrement des points de passage pour des migrants qui tentent de rejoindre le territoire européen de manière irrégulière.
La nouvelle tentative enregistrée samedi confirme ainsi la persistance de la pression migratoire autour de Fnideq, où les autorités marocaines entendent maintenir un dispositif renforcé sur le terrain comme sur les réseaux sociaux.
TALLEB DE LA