Le Maroc a présenté, jeudi à Huelva, en Espagne, sa politique de gestion des migrations, fondée sur la solidarité, la responsabilité partagée et le respect de la dignité humaine. Cette approche a été exposée par le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, à l’occasion du Forum « Gouvernance migratoire et migration circulaire entre le Maroc et l’Espagne : les clés d’une coopération bénéfique ».

 

Lors de son intervention, Younes Sekkouri a souligné que cette politique migratoire à dimension humaniste s’inscrit dans le cadre des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Selon lui, cette vision place le capital humain au cœur des politiques publiques et considère la mobilité comme un levier de croissance économique, de transfert de compétences et de rapprochement entre les peuples.

 

Le ministre a indiqué que cette stratégie a permis au Maroc de s’imposer comme un acteur de référence aux niveaux régional et international. Prenant part à une table ronde consacrée à la migration circulaire entre le Maroc et l’Espagne, il a mis en avant les avancées enregistrées dans ce domaine.

 

Dans cette dynamique, Younes Sekkouri a rappelé le caractère stratégique des relations entre Rabat et Madrid, fondées sur un cadre institutionnel renforcé par plusieurs accords majeurs, notamment l’Accord bilatéral de 2001, les mémorandums de 2009 et de 2023, ainsi que la Déclaration d’intention signée en 2025.

 

Selon lui, cette coopération repose sur des mécanismes permanents, tels que le Groupe permanent mixte sur la migration et la Haute Commission mixte, faisant de la migration circulaire un pilier essentiel du partenariat entre les deux pays.

 

Le ministre a également insisté sur le rôle de son département dans la mise en place de parcours de mobilité qualifiante, en adéquation avec les politiques nationales de l’emploi et la territorialisation de la Stratégie nationale de l’emploi.

 

Pour Younes Sekkouri, l’expérience maroco-espagnole démontre qu’une gouvernance migratoire efficace repose sur une approche intégrée combinant vision politique, cadre institutionnel, coopération technique, mobilité professionnelle et développement territorial. Il estime que ce modèle constitue aujourd’hui une référence en matière de gestion concertée des mobilités humaines et un exemple de coopération euro-méditerranéenne mutuellement bénéfique.

 

De son côté, la ministre espagnole de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a qualifié la coopération entre le Maroc et l’Espagne de « référence particulièrement précieuse ». Elle a salué la qualité de la collaboration institutionnelle ainsi que les partenariats public-privé, qu’elle considère comme des modèles de réussite dans la gestion de la mobilité de la main-d’œuvre.

 

La responsable espagnole a également mis en avant les résultats du programme « Wafira », qui offre aux travailleuses saisonnières marocaines de la filière des fruits rouges à Huelva des formations intensives afin de faciliter le lancement de projets entrepreneuriaux à leur retour au Maroc.

 

Au cours de la campagne agricole 2025-2026, la phase de formation du programme « Wafira II » a permis d’accompagner 225 saisonnières marocaines de la province de Huelva dans le développement de compétences entrepreneuriales et l’élaboration de plans d’affaires, selon la méthodologie « GET Ahead » de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

 

Déployé sur la période 2025-2028, le projet « WAFIRA II » ambitionne d’accompagner à terme 3.000 travailleuses et travailleurs saisonniers marocains en Europe. Il prévoit également la mise en place d’un accélérateur entrepreneurial destiné à soutenir 300 bénéficiaires directs dans la création de leurs propres activités génératrices de revenus.

 

TALLEB DE LA