Le Niger franchit un nouveau cap dans son arsenal législatif. Les autorités ont adopté un nouveau code pénal qui érige pour la première fois en infraction les relations entre personnes de même sexe. Cette réforme, promulguée sous le régime militaire en place, prévoit de lourdes sanctions pénales et s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Selon les dispositions du texte rapportées le 11 juin par une source judiciaire citant le Journal officiel, les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont désormais passibles de peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Les contrevenants s’exposent également à des amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA, soit environ 152 000 euros.
Cette nouvelle législation est présentée par ses promoteurs comme une mesure visant à préserver les valeurs religieuses et culturelles du pays. Elle intervient sous l’autorité du général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de 2023. Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement affiche une ligne souverainiste et critique régulièrement les influences occidentales, accusées de vouloir imposer certaines normes sociétales aux pays africains.
Une tendance qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest
Avec cette réforme, le Niger rejoint plusieurs États de la sous-région ayant récemment renforcé leur législation à l’encontre des personnes LGBT. Au Sénégal, les députés ont adopté en mars 2026 une modification de l’article 319 du code pénal, alourdissant les sanctions relatives aux actes qualifiés de « contre nature ».
Le Burkina Faso et le Mali avaient déjà criminalisé l’homosexualité en 2024, tandis que le Ghana a adopté la même année une loi renforçant les peines visant les personnes LGBT.
Cette évolution suscite des réactions contrastées. Les organisations de défense des droits humains dénoncent un recul des libertés individuelles et des droits fondamentaux. À l’inverse, les partisans de ces réformes y voient une affirmation de la souveraineté des États et une protection des valeurs culturelles et religieuses locales.
Dans une société nigérienne majoritairement musulmane où l’homosexualité demeure un sujet sensible, cette nouvelle législation marque un tournant important. Avec des peines pouvant atteindre vingt ans de prison pour certaines infractions liées à l’organisation, au financement ou à la promotion d’associations concernées, le Niger figure désormais parmi les pays les plus répressifs de la sous-région en matière de législation sur l’homosexualité.
Cette réforme intervient dans un contexte régional marqué par un débat de plus en plus polarisé entre défense des droits humains et préservation des valeurs traditionnelles, un sujet qui continue d’alimenter les discussions au sein des sociétés africaines et des instances internationales.
NDC