Face à la recrudescence des violences visant les migrants en Afrique du Sud, le Nigeria a achevé une vaste opération de rapatriement de ses citoyens, désormais pris en charge pour leur réinsertion.

 

Le Nigeria a annoncé avoir achevé le rapatriement de 1 490 de ses ressortissants depuis l’Afrique du Sud, à la suite d’une recrudescence des attaques xénophobes mettant en danger les migrants. L’opération, menée en collaboration avec la mission diplomatique nigériane et des compagnies aériennes commerciales, s’est achevée jeudi.

 

Une réponse à la montée des violences

Cette évacuation intervient après une nouvelle vague d’agressions et d’actes discriminatoires visant des migrants originaires de plusieurs pays en Afrique du Sud. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de violences xénophobes récurrentes qui ressurgissent périodiquement dans le pays.

 

Préoccupées par la multiplication des signalements d’agressions et de harcèlement contre leurs ressortissants, les autorités nigérianes ont décidé d’organiser un rapatriement coordonné afin d'assurer leur sécurité.

 

Les services consulaires ont travaillé avec les compagnies aériennes pour mettre en place des vols destinés aux personnes souhaitant quitter l’Afrique du Sud. Les autorités n’ont toutefois pas précisé le nombre de vols mobilisés ni la période exacte durant laquelle l’opération s’est déroulée.

 

Une prise en charge à l’arrivée

À leur retour au Nigeria, les rapatriés ont bénéficié d’un dépistage médical, d’un accompagnement psychologique ainsi que d’une assistance destinée à couvrir leurs besoins essentiels, notamment un hébergement temporaire.

 

Les autorités ont indiqué que ces citoyens auront également besoin d’un soutien durable pour faciliter leur réinsertion. Les mesures envisagées portent notamment sur l’accès à l’éducation, à l’emploi et à une aide financière au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

 

Une pression accrue sur Pretoria

Le gouvernement nigérian présente cette opération comme une démonstration de son engagement à protéger sa diaspora en période de crise. Il insiste également sur la nécessité de garantir les droits des rapatriés tout au long de leur réinstallation.

 

L’Afrique du Sud est confrontée depuis près de deux décennies à des épisodes récurrents de violences xénophobes, souvent alimentés par des tensions économiques et la concurrence pour l’emploi et les ressources. Le Nigeria avait déjà procédé à des rapatriements similaires lors de précédentes vagues de violences anti-migrants.

 

Cette nouvelle opération pourrait raviver les interrogations sur la gestion des actes xénophobes par les autorités sud-africaines et accentuer la pression diplomatique sur Pretoria concernant la protection des ressortissants étrangers vivant sur son territoire.

 

TALLEB DE LA